Club de Réflexion Noctua & Bubo (CRNB) -Think tank-

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Les droits de l'Homme et du citoyen

 

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La Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen du 24 juin 1793.

 

 

 

 

 

« Ne soyons plus Anglais, ni Français, ni Allemand.

Soyons Européens.

Ne soyons plus Européens, soyons Hommes. 

Soyons l'humanité.

Il nous reste à abdiquer un dernier égoïsme : la patrie. »

(Victor Hugo)

 

« Ce qui empêche les gens de vivre ensemble, c'est leur connerie, par leur différence. »

(Anna Gavalda)

 

 

 

 

 

En 1793, les députés ont souhaité compléter la Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen de 1789. De tous les textes fondateurs des Lumières, la Déclaration de 1793 contient certainement celui qui donne les assises les plus solides pour garantir la liberté et la démocratie.

 


 

Articles -Déclaration de 1793


 

Préambule 

Le peuple français, convaincu que l'oubli et le mépris des droits naturels de l'homme sont les seules causes des malheurs du monde, a résolu d'exposer, dans une déclaration solennelle, ces droits sacrés et inaliénables, afin que tous les citoyens, pouvant comparer sans cesse les actes du gouvernement avec le but de toute institution sociale, ne se laissent jamais opprimer, avilir par la tyrannie ; afin que le peuple ait toujours devant les yeux les bases de sa liberté et de son bonheur ; le magistrat la règle de ses devoirs ; le législateur l'objet de sa mission. En conséquence, il proclame, en présence de l'Être suprême la Déclaration suivante des droits de l'homme et du citoyen.

 

 

Article premier 

Le but de la société est le bonheur commun. Le gouvernement est institué pour garantir à l'homme la jouissance de ses droits naturels et imprescriptibles.

 

 

Article 2

Ces droits sont l'égalité, la liberté, la sûreté, la propriété.

 

 

Article 3

Tous les hommes sont égaux par nature et devant la loi.

 

Article 4

La loi est l'expression libre et solennelle de la volonté générale ; elle est la même pour tous, soit qu'elle protège, soit qu'elle punisse ; elle ne peut ordonner que ce qui est juste et utile à la société ; elle ne peut défendre ce qui lui est nuisible. 

 

Article 5

Tous les citoyens sont également admissibles aux emplois publics. Les peuples libre ne connaissent d'autres motifs de préférence, dans leurs élections ; que les vertus et les talents.

 

Article 6
La liberté est le pouvoir qui appartient à l'homme de faire tout ce qui ne nuit pas aux droits d'autrui ; elle a pour principe la nature ; pour règle la justice ; pour sauvegarde la loi ; sa limite morale est dans cette maxime : Ne fais pas aux autres  ce que tu ne veux pas qu'il te soit fait.

 

Article 7

Le droit de manifester sa pensée et ses opinions, soit par la voie de la presse, soit de toute autre manière, le droit de s'assembler paisiblement, le libre exercice des cultes, ne peuvent être interdit. La nécessité d'énoncer ces droits suppose ou la présence ou le souvenir récent du despotisme.

 

 

Article 8

La sûreté consiste dans la protection accordée par la société à chacun de ses membres pour la conservation de sa personne, de ses droits et de ses propriétés.

 

Article 9

La loi doit protéger la liberté publique et individuelle contre l'oppression de ceux qui gouvernent. 

 

Article 10

Nul ne doit être accusé, arrêté ni détenu, que dans les cas déterminés par la loi et selon les formes qu'elle a prescrites. Tout citoyen, appelé ou saisi par l'autorité de la loi, doit obéir à l'instant ; il se rend coupable par la résistance.

 

Article 11

Tout acte exercé contre un homme hors des cas et sans les formes que la loi détermine, est arbitraire et tyrannique ; celui contre lequel on voudrait l'exécuter par la violence à le droit de le repousser par la force.

 

Article 12

Ceux qui solliciteraient, expédieraient, exécuteraient ou feraient exécuter des actes arbitraires, sont coupables et doivent être punis.

 

Article13
Tout homme étant présumé innocent jusqu'à ce qu'il ait été déclaré coupable, s'il est jugé indispensable de l'arrêté ; toute rigueur qui ne serait pas nécessaire pour s'assurer de sa personne doit être sévèrement réprimée par la loi.

 

Article 14

Nul ne doit être jugé et puni qu'après avoir été entendu ou légalement appelé, et qu'en vertu d'une loi promulguée antérieurement au délit. La loi qui punirait des délits commis avant qu'elle existât serait une tyrannie ; l'effet rétroactif donné à la loi serait un crime.

 

Article 15

La loi  ne doit décerner que des peines strictement et évidemment nécessaires ; les peines doivent être proportionnées au délit et utiles à la société.

 

Article 16

Le droit de propriété est celui qui appartient à tout citoyen de jouir et de disposer à son gré de ses biens, de ses revenus, du fruit de son travail et de son industrie.

 

Article 17

Nul genre de travail, de culture, de commerce, ne peut être interdit à l'industrie des citoyens.

 

Article 18

Tout homme peut engager ses services, son temps ; mais il ne peut se vendre ni être vendu ; sa personne n'est pas une propriété aliénable. La loi ne reconnaît point de domesticité ; il ne peut exister qu'un engagement de soins et de reconnaissance, entre l'homme qui travaille et celui qui l'emploie.

 

Article 19

Nul ne peut être privé de la moindre portion de sa propriété sans son consentement si ce n'est lorsque la nécessité publique légalement constatée l'exige, et sous condition d'une juste et préalable indemnité.

 

Article 20

Une contribution ne peut être établie que pour l'utilité générale. Tous les citoyens ont le droit de concourir à l'établissement des contributions, d'en surveiller l'emploi, et de s'en faire rendre compte.

 

Article 21
Les secours publics sont une dette sacrée. La société doit la subsistance aux citoyens malheureux, soit en leur procurant du travail, soit en assurant les moyens d'exister à ceux qui sont hors d'état de travailler.

 

Article 22

L'instruction est le besoin de tous. La société doit favoriser de tout son pouvoir les progrès de la raison publique, et mettre l'instruction à la portée de tous les citoyens.

 

Article 23

La garantie sociale consiste dans l'action de tous pour assurer à chacun la jouissance et la conservation de ses droits ; cette garantie repose sur la souveraineté nationale.

 

Article 23

Elle ne peut exister, si les limites des fonctions publiques ne sont pas clairement déterminées par la loi, et si la responsabilité de tous les fonctionnaires n'est pas assurée.

 

Article 24
La souveraineté réside dans le peuple ; elle est une et indivisible, imprescriptible et inaliénable.

 

Article 26

Aucune portion du peuple ne peut exercer la puissance du peuple entier ; mais chaque section du souverain assemblée doit jouir du droit d'exprimer sa volonté avec une entière liberté.

 

Article 27

Que tout individu qui usurperait la souveraineté soit à l'instant mis à mort par les hommes libres.

 

Article 28
Un peuple à toujours le droit de revoir, de reformer et de changer sa constitution. Une génération ne peut assujettir à ses lois les générations futures.

 

Article 29

Chaque citoyen à un droit égal de concourir à la formation de la loi et à la nomination de ses mandataires ou de ses agents. 

 

Article 30

Les fonctions publiques sont essentiellement temporaires ; elles ne peuvent être considérées comme des distinctions ni comme des récompenses, mais comme des devoirs. 

 

Article 31

Les délits des mandataires du peuple et de ses agents ne doivent jamais être impunis. Nul n'a le droit de se prétendre plus inviolable que les autres citoyens.

 

Article 32

Le droit de présenter des pétitions aux dépositaires de l'autorité publique ne peut, en aucun cas, être interdit, suspendu ni limité.

 

Article 33

La résistance à l'oppression est la conséquence des autres droits de l'homme.

 

Article 34
Il y a oppression contre le corps social, lorsqu'un seul de ses membres est opprimé. Il y a oppression contre chaque membre lorsque le corps social est opprimé.

 

Article 35
Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs.

 

 

 

 

 

Les rédacteurs de la Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen de 1789

 

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Mirabeau (1749-1791)

Honorée Gabriel Riqueti, comte de Mirabeau

Révolutionnaire français

Écrivain, diplomate, franc-maçon, journaliste et homme politique français

Rédacteur du Préambule de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen.

 

 

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Jean-Joseph Mounier (1758-1806)

Avocat et homme politique français

Rédacteur du Préambule de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen.

 

 

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Champion de Cicé

Jérôme Champion de Cicé 

Homme d'Église et homme politique français 

 

Nommé Garde des sceaux par Louis XVI

Rédacteur de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen  avec le Sixième bureau.

 

 

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Préambule de la Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen de 1789.

 

 

Le_Barbier_Dichiarazione_dei_diritti_dell'uomo.jpgDéclaration des droits de l'Homme et du citoyen de 1789.

(Le Barbier, 1789, huile sur toile)

 

 

 

 

 

De l'éducation...
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«De toute les folies et aberrations qu'on rencontre dans l'humanité, celle qui me paraît la plus inconcevable, c'est que l'Homme, pendant son passage sur la terre, n'ai pas la curiosité de la connaître tout entière.»
(Alain Gerbault)
 
2005869lpw-2008428-africa-jpg_3038559.jpgAyade (actuel Soudan du Sud), mars 1993, une fillette soudanaise luttant pour sa survie.
Une photo de Kevin Carter

 

 

 

 

 

Culture, réflexion, éducation
 
[...] À mes yeux, la famille Sahid est parfaite. Elle incarne la générosité et le courage qui exalte la nature humaine. Azahar est un père de famille exemplaire. Dans un monde si complexe, devenu si égoïste, accueillir les étrangers de passage comme s'il étaient des frères ou des fils, et leur permettre d'aller présenter leur pays et leur culture à d'autres enfants, mériterait qu'on lui décerne le prix Nobel de la paix parce qu'il participe activement aux relations interculturelles dont le monde a tellement besoin. Je souhaite à cet homme de vivre longtemps et de faire partager ses valeurs à la terre entière. [...]
(Un père de famille résidant à Penang (Djakarta)
 
 
[...] Dans la ville de Wuhan, il m'est donné de vivre une autre expérience impressionnante et amusante : je participe à un cours au milieu d'élèves chinois d'une douzaine d'années. Difficile de ne pas comparer à ce que je vivais à leur âge. Dans ma classe, il y avait alors des bavardages, des commentaires et toutes sortes de pitreries qui faisaient rire la galerie. Là, pas un gosse ne bouge une oreille. Pas un signe de déconcentration ni d'effronterie : du travail, du travail et encore du travail. On apprend par coeur, puis on répète les leçons au professeur. Les méthodes d'enseignement n'ont visiblement pas beaucoup changé depuis l'époque de Mao. Petits ou grands, la faculté de travail des chinois m'impressionne. Dans ce pays -tout comme en Inde- les parents ne cessent d'encourager leur progéniture à devenir ingénieur ou médecin, à étudier à l'étranger -plus de 50 000 étudiants aux États-Unis en 2005-, à combler leurs lacunes linguistiques -preuve en est l'incroyable développement des instituts enseignants la langue de Shakespeare à chaque coin de rue. [...]
(Un cours au milieu d'élèves chinois)
 
 
[...] –Pensez-vous que le régime tiendra longtemps ? 
–Oui, il tiendra encore longtemps, aussi longtemps que vivront Kim Jong-il et ses descendants. L'amour pour le grand leader est réel en Corée du Nord. Nous sommes élevés en apprenant à adorer les dirigeants. Personne ne pense donc à les critiquer, encore moins à les renverser. La plupart des gens, en Corée du Nord, ignorent ce qu'est la liberté. Même si on leur offrait, ils ne sauraient pas quoi en faire. Ils se sentiraient perdus. J'ai eu pour ma part beaucoup de mal à m'habituer à un style de vie où il me fallait apprendre à penser par moi-même. [...]
(Le témoignage d'une réfugiée nord-coréenne ayant réussi à fuire le régime)
 
Le monde en stop  de Ludovic Hubler, Èditions Georama

 

 

 

 

 

La légende du sage Hélénos
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Une légende raconte que le puissant législateur d'une Cité lointaine, en proie à de perpétuelles violences intercommunautaires, alla trouver un dénommer Hélénos, un citoyen jouissant d'une grande sagesse.
–Hélénos, on dit que tu es un philosophe, on dit que tu es le citoyen le plus sage. Pourrais-tu écrire des lois capables de répandre la tolérance et la paix dans toute la Cité ?  J'ordonnerai qu'elles soient gravées partout où il te semblera judicieux de le faire.
–J'en doute ! mais je ferai de mon mieux, dit le sage Hélénos.
Et il fut écrit, sur le fronton de chaque école et sur tous les cahiers de classe, ces simples mots : 
 
ICI ON DOUTE DE TOUT
ICI ON PROUVE
ICI ON CRITIQUE 
 
Et il vint un jour où les dialogues et les compromis prirent le pas sur les violences. Et il vint aussi un jour où les violences disparurent, et avec elles les certitudes absolues, temporelles ou spirituelles, qui furent leurs fondements. Alors, et toujours selon la légende, on raconte que la Cité supplanta toutes les autres par son génie, ses richesses et sa splendeur, et qu'elle connue une paix perpétuelle...
(Texte : Vlasios Maximus) 

 

 

 

 

Des valeurs et de la liberté

 

 

 

 

 

Voir aussi : Justice : Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen de 1789, Déclaration universelle des droits de l'Homme de 1948 ; droits et démarches, actualités, textes et réformes...

 

 

 

 

Article / sources : CRNB. Droits de l'Homme, Ministère de la Justice. Le monde en stop de Ludovic Hubler, Éd. Géorama. Philosophie -La légende du sage Aron (auteur/texte) : Vlasios Maximus.


09/06/2017
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Introduction à la philosophie

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"La politique s'oppose à la morale, comme la philosophie à la naïveté"

Emmanuel Levinas (1906-1995)

 

 

 

 

 

Thalès ou de l'invention de la philosophie 

Vers 600 avant notre ère 

 

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Thalès de Milet (~624 à ~546), mathématicien et philosophe grec

 

 

[...] Si bien que, devant cette multiplicité extrême d'opinions, sur des choses en somme importantes, Thales s'est mis à douter, et à douter tellement qu'il à rejeté fermement tout ce qui venait des prêtres, des poètes, des législateurs, bref de la Tradition, ou des Autres. Et il s'est mis à penser par lui-même, ne faisant confiance qu'à sa propre raison. Il venait d'inventer la philosophie !

 

Car c'est là la grande invention de Thalès. Ne pas accepter les opinions d'autrui - aussi vénérables et anciennes et prestigieuses soient-elles -, mais tenter de se faire une opinion soi-même. Inventer la philosophie, c'était accorder plus de prix à la raison humaine qu'aux traditions des Hommes. [...] Il y a encore des philosophes aujourd'hui. Ils ne méritent le nom de philosophe que s'ils pensent par eux-même, rejetant comme suspecte toute pensée émanant de quiconque, quel que soit éventuellement le prestige accordé à cette pensée par le corps social. Ce qui ne signifie pas que chaque philosophe doit rejeter tout ce qui a été pensé avant lui. Mais il doit soumettre toute idée qui lui est proposée, sans la moindre défaillance, à l'examen de son propre jugement. [...]

 

[...] Les systèmes de pensée de l'Antiquité, en Inde ou en Chine, par exemple, comme le confucianisme et le bouddhisme, ne peuvent pas être considérés comme des philosophies, car ces systèmes ne rejettent pas toutes la tradition de leur lieu d'émergence. Au contraire, ces "sagesses" sont basées sur le respect superstitieux d'un "sacré" qui n'est jamais mis en doute. [...]

 

[...] La philosophie tente de répondre à toutes les questions. Ce n'est pas une discipline intellectuelle ayant un objet délimité, comme l'astronomie qui ne s'intéresse qu'aux astres, le droit qui ne s'intéresse qu'aux lois ou la zoologie qui ne s'intéresse qu'aux animaux. La philosophie s'intéresse à Tout, à l'Univers visible et invisible. [...]

 

En résumé, la philosophie est une étude qui à une méthode : le raisonnement, et un objet : tout.

 

 

 

 

Aristote et la logique 

Vers 340 avant notre ère 

 

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Aristote (384 à 322), philosophe grec

 

En 335, il fonde à Athènes, dans un gymnase consacré à Apollon Lycien, une école de philosophie que l'on appellera le lycée et qui sera, pendant longtemps, le plus haut lieu d'enseignement philosophique, même après la mort du maître.

 

Aristote est fréquemment considéré comme le plus grand philosophe de tout les temps. Celui dont la pensée à probablement eu l'influence la plus importante et la plus durable sur ces successeurs et, par conséquence, sur l'humanité tout entière.

 

[...] Si, depuis Thalès, les penseurs savent qu'ils peuvent penser par eux-même grâce à la raison, au logos, il était indispensable, en effet, d'établir le mode d'emploi de ce logos. C'est ce que l'on appellera la "logique", invention d'Aristote, découverte décisive de l'esprit humain. Il ne suffit pas d'avoir un outil, il faut encore savoir comment s'en servir... [...]

 

[...] La logique d'Aristote débouche sur une théorie très développée du syllogisme, qui est un raisonnement en trois temps. L'exemple de syllogisme sans doute le plus fameux est :

 

"Tous les Hommes sont mortels.

Socrate est un Homme.

Donc Socrate est mortel." 

 

  

 

 

De la science 

20 mai 1543

 

[...] La philosophie naît en Grèce, nous l'avons vu, avec l'oeuvre de Thalès de Milet. C'est déjà la philosophie, c'est-à-dire 1. le rejet des traditions, 2. l'observation, 3. le raisonnement. Mais ce n'est pas encore la science, parce que l'observation est "naïve" est que le raisonnement, à partir de l'observation insuffisante, ne peut que développer des idées insatisfaisantes. Mais c'est le point de départ indispensable !
La science naîtra ensuite quand l'observation perdra son innocence par le moyen de l'instrumentation et que le raisonnement sera enrichi de moyens mathématiques.
Le facteur décisif qui va faire naître la science au sein de la philosophie -car il est bien certain que la science est une continuation de l'effort des philosophes- c'est donc l'instrumentation, c'est-à-dire le recours aux instruments. [...]
[...] ce moment, vraiment décisive, où le philosophe -en train de devenir un scientifique- complète ses observations par l'usage d'instruments qui, d'une part, augmentent considérablement ses possibilités d'observation liées à ses limites sensorielles et, d'autre part, lui permettent de quantifier les phénomènes observés. Grâce aux instruments, le savant observe mieux que le philosophe, et il "mesure", il obtient des nombres sur lesquels il pourra raisonner grâce aux mathématiques. [...]
D'après notre définition de la science -une philosophie soutenue par l'instrumentation-, il est clair que la science naîtra quand l'instrumentation commencera à être utilisé par les philosophes. [...]
[...] Pour déterminer la date d'apparition de la science ainsi comprise, il faut donc chercher à quelle époque l'on a commencé à se servir d'instruments dans le but d'observation. 
Les historiens, habituellement, datent la science "moderne" (ce que appelons vraiment la science) du 20 mai 1543. Je veux bien retenir cette date, comme un mouvement symbolique de la séparation de la science de la philosophie. Mais il faut bien voir que cette date, qui est celle de la parution du grand livre de Copernic, concerne un ouvrage qui, en fait, appartient encore, intellectuellement, au Moyen Âge. Ce n'est pas l'hypothèse de Copernic qui fonde l'astronome en tant que science, mais c'est la lunette astrologique (donc un instrument) par Galilée, en 1610 [...]

 

 

 

 

Descartes ou de la géométrie analytique 

René Descartes (1596-1650), philosophe et savant français

 

C'est le 5 juin 1637 que parait un des plus beaux textes de littérature, un des plus pénétrants ouvrages de philosophie, un des plus décisifs et innovants traités de mathématiques, et une des pages les plus suavemement ironique de toute l'histoire, depuis qu'il y a des écrivains. [...]

 

L'ouvrage  -un des premiers textes scientifiques importants publiés en langue française, à une époque où les docts écrivent en latin- s'intitule Discours de la méthode pour bien conduire sa raison, chercher la vérité dans la science. Plus la dioptrique, les météores et la géométrie, qui sont des essais de cette méthode. C'est un volume de 78 pages (le "discours") plus de 418 pages (les "essais") qui paraît chez Jean Mair, à Leyde. L'apport philosophique de ce texte est considérable. Il fonde un nouveau rationalisme par rapport auquel tous les philosophes venant après Descartes devront se positionner, pour ou contre.

 

 

 

Critique de la raison pure

Fin du XVIIIème siècle 

 

«Aucune connaissance ne précède en nous l'expérience, et toutes commencent avec elle [...] une question qui exige un examen plus approfondi [... est. ...] de savoir s'il il y a une connaissance indépendante de l'expérience et même de toutes les impressions des sens.»

Emmanuel Kaant

 

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Emmanuel Kant (1724-1804), philosophe allemand ; Emmanuel Kant, philosophe des Lumières : "Que puis-je savoir, que puis-je faire, que puis-je espérer ?

 

 

[...] Heureusement il y eut, à la fin du XVIIIème siècle, un penseur extraordinaire qui, à lui tout seul, effectua la Révolution philosophique (allemande), comme quelques dizaines d'ingénieurs avaient, de leur côté, effectué la Révolution industrielle (anglaise). [...]

 

[...] Son oeuvre est d'une importance capitale, décisive, à  nulle autre pareille. Dans un effort suprême de haute intelligence, Kant ira au plus profond des être et des choses, effectuant une synthèse magistrale et probablement indépassable de tous les savoirs de son temps. Il va révolutionner jusque dans leurs assises les plus ferme (que l'on croyait fermes, avant lui) toutes les connaissances des Hommes. Il élabore une "critique", c'est à dire une analyse radicale et impitoyable de tout ce que l'on a dit avant lui, et il expose les limites infranchissables de tout ce que l'on pourra dire après lui. [...]

 

Son ouvrage le plus remarquable, le plus grand chef-d'oeuvre de haute pensée de tous les temps, est publié en 1781 : Critik der reinen Vernunft, chez Johann Friedrich Harrknoch, à Riga ("Critique de la raison pure"). [...]

 

Kant analyse, le plus profondément qu'il était possible à un Homme de le faire, la nature de l'esprit humain, qu'il reconnaît formé de trois instances communiquantes, di Sinnlichkeit, der Verstand, di Vernunft. L'esprit de l'Homme est formé d'une sensibilité, d'un entendement, et d'une raison. [...]

 

La Révolution philosophique réalisé par Kant sera suivie par un travail métaphysique intense dû à ses successeurs, parmi lesquels les plus importants sont Johann-Gottlieb Fichte (1762-1814) et George Wilhem Friedrich Hegel (1770-1831). [...]

 

 

 

 

Qu'est ce que la philosophie ?

La philosophie générale est le  nouveau nom de la métaphysique, de plus en plus suspecte aux yeux de penseurs soucieux de rompre avec un passé où la philosophie première était trop souvent associée à la religion. Mais sous ce nom comme sous l'ancien, la métaphysique reste la discussion des problèmes ultimes que posent la Vie et la Mort, l'Être et le Néant, la matière et l'esprit, l'existence du monde et celle des Hommes. Elle correspond à une exigence fondamentale de l'intélligence humaine, celle de savoir le dernier mot de tout, la signification ultime des  choses et des êtres, de la conscience ou de l'histoire.

 

Tout hommes qui réfléchit dans un secteur quelconque du savoir, se trouvent insensiblement entraîné vers une recherche de plus en plus profonde, celle d'une loi généralisable, d'une idée "transposable" sur les autres secteurs de la science, et à partir de laquelle tout "prend un sens". Devant une inclination naturelle de l'intélligence, les spécialistes réagissent de trois manières : 

 

1. ou bien ils s'élancent hardiment dans la voie de la philosophie générale tels Alexis Carrel ("L'homme, cet inconnu"), Lecompte du Noüy (L'avenir de l'esprit), G. Mercier ("Le dynamisme ascentionnel) ou tout récemment Wiener ("Cybernetic")... et tant d'autres, venus de tous les points de l'horizon scientifiques ;

 

2. ou bien ils s'y engagent "jusqu'à un certain point" esquissant une orientation de leur pensée mais laissant "aux philosophes" le soin d'en tirer des conclusions. Ainsi serait "Matière et Lumière" de Louis de Broglie ;

 

3. ou bien enfin il refusent de "faire de la métaphysique" parce que généralement "métaphysique" signifie pour eux "hors de la portée de toute preuve, de toute vérification, de toute expérience" et par conséquent susceptible de donner lieu aux élucubrations les plus fantaisistes qu'on laissent avec mépris aux philosophes.

 

Mais à côté de ces proclamations pleine de bravoure, nous voyons ces chercheurs aboutir pour leur compte à une authentique métaphysique, c'est-à-dire à une conception de la vie, à un systéme de monde, car déclarer qu"il n'y a rien au-delà de l'expérience" par exemple, c'est "faire de la métaphysique" et même une métaphysique implicite qui se dispense de se justifier. Le philosophe est justement celui qui entreprend de chercher méthodiquement à vérifier une assertion générale de ce genre, de la "pousser" dans tous ses retranchements, et de transporter ensuite sur tous les problèmes la clarté du premier principe.

 

Une philosophie est une méthaphysique dans l'exacte mesure où un thème unique s'y trouve transposé dans toutes les formes de l'expérience ;  toutes philosophie est un "système". L'énoncé d'une telle proposition peut surprendre. Il y a, en effet, beaucoup de philosophes qui ont précisément voulut éviter le "système" et l'esprit de système, à tel point que certains ont délibérément renoncé à une "mise en forme" de leur philosophie. De Pascal à Kierkegaard et à Gabriel Marcel, les philosophes romantiques ont réagi par là contre l'intéllecualisme suspect d'artificialité et d'une sorte de "facilité logique". Mais ces philosophes, quoi que non systématisées, sont cependant thématisées. Une idée, un sentiment ou une attitude persistent à travers le déroulement de la pensée. Il n'y a pas de système sur le plan de l'expression, mais il y a une organisation de la pensée. D'autre part, dire qu'il n'y a pas de système possible, c'est encore systématiser, de même que dire qu' "il n'y à pas de principe absolu" c'est poser ce principe comme un absolu, et dire "tout est absurde, il n'y a rien d'intélligible", c'est poser une proposition déduite, ou induite des expériences proposées, et donc présenté comme une conclusion logique.

 

Une philosophie est ainsi une conception générale du monde et de l'existence réfléchie à partir d'expériences totales, c'est à dire vécues sans cette "réduction" que leur fait subir un point de vue scientifique spécialisé, et aboutissent à une conduite pratique, c'est à dire à une morale. Lorsqu'un Homme à "des idées" sur l'existence, "des idées" sur la matière, "des idées" sur Dieu, des idées sur la société, sur l'histoire, sur la nature humaine ou sur le progrès morale qui ne présentent entre elles aucun lien rationnel, cela suffit pour affirmer qu'il n'est pas philosophe.

 

Les grands philosophes de l'histoire nous présente des "systèmes" qui se fondent sur des expériences différentes et qui aboutissent à des principes différents, mais qui tous ont cette unité et cette harmonie rationnelle, belle et vraie dans un certain sens, en tout cas exemplaires et invitant à la réflexion...  

 

 

 

 

 Philosophes et citations

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Platon (Athènes, v. 427-347 av. J.-C.), philosophe grec

 

" Le corps est le tombeau de l'âme "

 

 

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René Descartes (1596-1650), philosophe français

 

Cogito ergo sum ("Je pense, donc je suis")

 

 

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Hannah Arendt, philosophe  allemande (1906-1975)

 


"C'est dans le vide de la pensée que s'inscrit le mal"
 

 

 

 

 

 

Article CRNB /sources : Thalès ou de l'invention de  la philosophie, Aristote et la logique, De la science, Descartes ou de la géométrie analytique, Critique de la raison pure : Jean C. Baudet, philosophe et historien ; Les Grandes Inventions,  éd. Jourdan. Qu'est-ce que la philosophie : Roger Mucchielli, Philosophie de la connaissance.

 


05/08/2014
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École, culture et démocratie

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«Toute forme de mépris, si elle intervient en politique,  prépare ou instaure le fascisme.»

(Albert Camus)

 


Aujourd'hui, Celles et Ceux qui invitent leurs contemporains à se tenir à l'abrit des populistes et des partis politiques extrémistes sont bel et bien dans la droite ligne des idées républicaines des "Pères fondateurs" de la démocratie contemporaine. Ce sont les autres : ceux qui ont pactisé avec le "Diable", avec la "Bête immonde" ; ce sont ceux qui considèrent les populistes comme des "gens fréquentables" qui se sont fourvoyés : ils ont bel et bien trahi l'idéal des Pères fondateurs dont l'une des volontés suprêmes suppose que les citoyens soient suffisamment instruits pour rejeter spontanément les candidatures populistes, évitant ainsi les risques de division, d'affaiblissement et de dérives autoritaires.

 

(Vlasios  Maximus, auteur)


 

 

 

 

 

Instruire le peuple

 

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La liberté. guidant le peuple  (Eugène Delacroix, 1830)

 

Tout change avec la Révolution française. Condorcet, le dernier des philosophes français du XVIIIe siècle, prépare en 1792 un projet d'enseignement élémentaire laïque et général reposant sur le principe d'une sélection par le mérite : pour Condorcet, il ne peut y avoir de souveraineté nationale sans instruction généralisée. Mais la radicalisation de la Révolution française, la difficulté presque insurmontable à trouver le personnel et le financement nécessaire à une telle ambition font ajourner le projet. La Convention, puis Bonaparte réorganisent en profondeur les enseignements secondaire et supérieur (les lycées sont créés en 1810), mais les écoles élémentaires sont laissées à la discrétion des municipalités. 

 

En France, commencée sous la monarchie de Juillet par la loi Guizot (1833), poursuivie sous le Second Empire, la mise en place d'écoles élémentaires publiques est généralisée au début des années 1880. Œuvre majeure de la IIIe République, et notamment de Jules Ferry, la création d'un enseignement primaire gratuit, laïque et obligatoire marque un tournant décisif et peut être considéré comme la concrétisation, à un siècle d'intervalle, du projet esquissé par Condorcet au début de la Révolution.

 

Au XXe siècle, l'extension de la scolarité obligatoire jusqu'à quatorze ans (1936), puis jusqu'à 16 ans (1959) conduira à ouvrir à tous l'accès au premier cycle de l'enseignement secondaire (les collèges sont créés en 1975, loi Haby). 

 

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La démocratie représentative 

 

Historiens et politologues ont vu, dans les intérêts de classe et les enjeux de pouvoir, les causes de la mise en place tardive de cette démocratie qu'impliquaient pourtant les textes fondateurs :

 

La Déclaration des droits de l'homme et du citoyens (1789). Cette dernière pose tous les principes de la démocratie, mais la Constitution de 1791 (comme les suivantes) établit un suffrage censitaire qui prive les pauvres de droits civiques. 

 

Certes, mais il faut aussi souligner la conscience que les hommes publics du XVIIIe et du début du XIXE siècle ont de l'inculture politique des masses populaires. La crainte des dérives démagogiques et de la manipulation d'un électorat immature est réelle : «autant demander à un aveugle de choisir des couleurs !» s'écrie à la Convention de Philadelphie  (1787) l'Américain Hamilton quand il est question d'instaurer le suffrage universel. Les événements montrent qu'il ne s'agit pas d'un phantasme : quand, en 1848, les républicains français amenés au pouvoir par la révolution de Février accordent le droit de vote à tous les citoyens mâles et majeurs, un raz-de-marée électoral porte à la présidence, par la seule vertu de son nom et de promesses démagogiques, le prince Louis Napoléon Bonaparte, neveu de Napoléon Ier. Imitant son oncle,  il renverse la IIe République, le 2 décembre 1851, pour rétablir l'Empire. L'institution de la démocratie va donc passer par l'instruction du peuple et l'élévation générale du niveau culturel : en France, les lois Ferry sur l'école (1880) sont, avec l'établissement de la liberté d'expression, l'un des actes marquants de la IIIe République, restaurée après 1870. Seule l'accession des citoyens à la maturité politique peut faire du système représentatif  l'instrument d'une démocratie authentique. Elle a pour corollaire, la formation de partis défendant des options et dont l'alternance au gouvernement permet à toutes les familles d'opinion de se faire entendre.

 

En France, l'année 1944 symbolise l'avènement d'une véritable démocratie, celle ou les femmes obtiennent (pour la première fois) le droit de vote, qu'elles exerceront lors des élections législatives de 1945.

 

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Citations

 

«Le meilleur argument contre la démocratie est une conversation de cinq minutes avec l'électeur moyen.»

(Winston Churchill)

 

 

«La démocratie est d'abord un état d'esprit.»

(Pierre Mendès France)

 

«L'éducation est ce qui reste après qu'on ait oublié ce qu'on a appris à l'école.»

(Albert Einstein)

 

«Si l'on veut progresser, il faut éduquer les filles. Lorsque vous éduquez les filles, vous changez l'ensemble de la communauté, l'ensemble de la société.»

(Malala Yousafzai)

 

 

 

 

De Condorcet à Kant

 

[...] On compte également sur l'éducation de l'individu et du citoyen qui permettra leur émancipation. L'Histoire elle-même sera pensée par Kant ou Condorcet, en termes d'éducation de l'humanité. [...]

 

[...] Pour Condorcet, le progrès des connaissances doit rendre les Hommes vertueux ; Kant (1724-1804) estime au contraire que c'est le devoir moral de progrès qui nous oblige à connaître toujours d'avantage : autre conception des Lumières. Non seulement nous avons, selon Kant, le devoir de progresser, mais nous avons le devoir de nous croire capable de progresser, à l'infini, vers la perfection morale ; tel est le sens que reçoit, dans la Critique de la raison pratique  (1788), la foi en l'immortalité de l'âme. [...]

 

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Nicolas de Condorcet (1743-1794)

Marie Jean Antoine Nicolas de Caritat, marquis de Condorcet 

Philosophe, économiste, mathématicien et homme politique français, représentant des Lumières.

 

 

 

 


L'éducation est une arme...

 

Genèse | Chapitre 9 : verset 27

Que Dieu étende les possessions de Japhet, qu'il habite dans les tentes de Sem et que Canaan soit leur esclave.

02.31


 

 

 

 

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Culture et instinct de conservation 
Ouvrant la voie aux manipulations des démagogues, la démocratie est faillible ; pour la maintenir à l'abrit de l'intolérance, à l'abrit des nationalismes, des rigorismes religieux et de tout autre mouvement extrémistes qui vident les démocraties de leurs substances salutaires, l'instruction et le seul rempart : si celle-ci n'est en rien le gage d'une bienveillance généralisée, elle renferme néanmoins le pouvoir de favoriser la paix, l'humanisme et la puissance de la Cité en rendant le plus grands nombre imperméable aux propositions simplistes qui divisent,  fragilisent et ne générent que violence et apauvrissement : désignation de boucs émissaires, repli sur soi, survalorisation du spirituel au détriment de la raison, etc.
La culture est la somme des savoirs acquis et les connaissances dont l'Homme se sert pour s'entendre avec les membres de son groupe (nation, communauté). Ses concepts, ses idées, ses règles doivent permettre une valorisation identitaire personnelle suffisante et une adhésion, plus ou moins spontanée, aux valeurs dominantes qui structurent le groupe.. La culture ayant pour fondement le développement et la conservation de l'espèce, les institutions (familles, écoles, États) chargées de fabriquer des esprits citoyens et de distribuer les differents savoirs doivent opter pour un enseignement favorisant le rationnel (laïque), humaniste et global : offrant une vision étendue. Les institutions ont clairement échoué, lorsque :
-les certitudes considérées comme absolues (culturelles ou cultuelles) gagnent du terrain, se répandent dans la Cité : dominent le scepticisme et, par répercussion, affaiblissement ou alienent  l'esprit critique et la raison ;
-ou encore, quand les différences culturelles génèrent des tensions et structurent des valeurs diminantes parallèles, cessant alors de valoriser l'existence du plus grand nombre pour favoriser, dorénavant, le repli sur soi, le communautarisme et la violence dans le groupe (nation) ou entre les différents groupes : lorsque la criminalité se substitue aux dialogues et devient un mode de valorisation identitaire à part entière.
Je ne connais qu'un seul devoir, une unique priorité, celle-ci est un absolu qui doit se substituer à tout autre priorité politique : maintenir la cohésion entre les citoyens, entre les femmes, entre les hommes, entre les femmes et les hommes, entre les citoyens et les étrangers, avec les étrangers de passage autant qu'avec ceux qui participent à la construction de la Cité, entre les plus riches et les plus pauvres, et ce, quelque soit l'origine ou la religion de chacune et chacun d'entre-eux. La cohésion dans le groupe est un devoir absolu ; la compréhension et la tolérance mutuelles entre les groupes par le dialogue, la promotion et l'entretien de certaines valeurs dites universelles est un devoir à cultiver chaque jour...
(Vlasios Maximus, auteur)
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Franklin Delano Roosevelt 

 

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Franklin Delano Roosevelt (Parti démocrate) en campagne électorale (1932), États-Unis. 

 

 

 

 

Le droit d'ingérence

 

Lancée au début en 1979 par le philosophe Jean-François Revel, la notion de «droit d'ingérence», développée et promue par Marion Bettati et Bernard Kouchner, postule que le principe de la souveraineté étatique peut être remis en cause pour remédier à des situations humanitaires critiques. Elle a été ensuite reformulée et éducolorée par la «Commission internationale sur l'intervention de l'État», co-présidée par Gareth Evans et Mohamed Sahnoun, dans un rapport intitulé «la responsabilité de protéger» (décembre 2001). Visant à empêcher les «atrocités de masse», les principes qui étaient énoncés ont été approuvés par les chefs d'États et de gouvernement de l'ONU réunis au Sommet Mondial de 2005, endossés par le Conseil de Sécurité en 2006 et ont fait l'objet d'un rapport, en 2009, du Secrétaire général de l'ONU sur leur mise en oeuvre.

(La puissance au XXIe siècle, Pierre Buhler, CNRS Éditions)

 

 

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Jean-François Revel (1924-2006), Philosophe et académicien français ; théoricien du «droit d'ingérence».

 

 

 

 

Les premiers projets de paix en Europe

 

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 Sir William Penn (amiral)

 

William Penn (1644-1693) / quaker : entrepreneur et philosophe anglais ; homme politique ; fondateur de la province de Pennsylvanie (États-Unis).

 

Proposition (1693) : pour assurer la paix en Europe il serait constitué une «Diète générale, un État ou Parlement»  habilité à établir des règles de justice à observer par tous les membres. Une Diète formée de délégués des États et légiférant à la majorité qualifiée.

 

William Penn défendait une parfaite liberté religieuse : «Il vaut mieux appartenir à aucune Église que d'en être un membre intolérant.»

 

 

 

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L'abbé  de Saint-Pierre

 

Charles-Iréné Castel de Saint-Pierre (1658-1743), écrivain, diplomate et académicien français : précurseur de la philosophie des Lumières ; négociateur du Traité d'Ultrecht (1712-1713) ; père de la polysynodie (système de gouvernance par conseil instauré en France de 1715 à 1718) ; inspirateur de la pensée politique de Jean-Jacques Rousseau.

 

L'abbé de Saint-Pierre disait : «La dévotion est la petite vérole de l'âme ; tous les esprits faibles en reste marqués.»

 

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Il y a des postérités qui se bonifient au fil du temps...

 

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Projet pour rendre la paix perpétuelle en Europe  de l'abbé de Saint-Pierre (1713).

 

  


 

 

« Nos livres et nos crayons sont nos armes les plus puissantes.»

(Malala Yousafzai, militante pakistanaise)

 

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Article / sources : Couvrrture : Star Wars -Le retour du Jedi Culture générale, Ed. Hatier ; Philosophie : Vlasios Maximus ; La puissance au XXIe siècle, Pierre Buhler, éd. Biblis.


28/04/2017
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Les origines de l'Homme

Il faut apprendre à connaître les Hommes pour mieux combattre les extrémismes et le racisme.

 

 

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" LA LIBERTÉ CONSISTE À POUVOIR FAIRE TOUT CE QUI NE NUIT PAS À AUTRUI ."  

 

Article 4 de la déclaration des droits de l'Homme et du citoyen (1789)

 

      

 

 

 

INTRODUCTION 

 

Convoquer la psychiatrie pour maintenir en vie un sujet qui n'est pas un malade mental est un projet aléatoire. Le nouvel examen que nous pratiquerons au mois d'août nous permettra peut-être d'apporter des précisions pronostiques sur ce point. Lorsque nous avons abordé avec Victor C. le climat de son enfance, il s'est contenté de nous éconduire par un geste qui m'a beaucoup frappé, il a tendu la main et il a dit :

 

-"Jocker !"  

 

Il n'avait pas envie d'en parler, c'était trop dur. J'ai insisté en prenant des précautions oratoires et il à lâché trois phrases laconiques :

 

-"Quand vous allez à l'école avec des vêtements pourris et pas de godasses, quand vous êtres traité par les autres de va-nu-pieds, considéré comme une famille de pauvres ! c'est dure à vivre pour un enfant!" 

 

Mais il a aussitôt évoqué une grande solidarité entre la fratrie et le fait qu'ils formaient un bloque autour de la mère. De son père agriculteur Victor C. dit :

 

-"Ce n'était pas quelqu'un de bien."  

 

Il buvait, il insultait la mère, les parents se dispitaient sans arrêt, et Victor C. en avait beaucoup souffert. Ni lui, ni ses frères et soeurs ne parlaient guerre du père. Il ne le frappait pas, "mais il était très méchant verbalement". Lorsqu'il buvait, il se montrait insultant : "Il se calmait pendant deux jours, puis il retournait au café, et ça repartait pour un tour !" Quant à sa mère :  

 

-"Elle était, dit-il, constamment insultée avec tous les mots qui y passaient pour déshonorer un femme" [...].

 

À l'école Victor C. était bon élève, mais faute de moyens il s'est déscolarisé après le certificat d'études. Il aurait aimé aller plus loin mais, nous dit-il, :

 

-"A partir du moment ou vous avez des capacités et où vous ne pouvez pas les réaliser, ça vous marque, bien sûr ! Pour autant ça ne ma pas transformé en révolté" [...].

 

Il a commencé à travailler à 14 ans comme apprenti pâtissier , mais là encore il est obligé de renoncer : l'après midi, il doit aider son père aux champs [...]  Il était croyant jusqu'à l'âge de 13 ans, puis il a été détourné de Dieu par les problèmes de l'existence. Il a prononcé ensuite cette phrase intrigante :

 

-"Je suis croyant jusqu'à la mort du Christ. Après la crucifixion du Christ, tout le reste est légende!"

 

Autrement dit, sa croyance s'arrête avec : "Mon Père, pourquoi m'as-tu abandonné ?" Il ne croit pas à la résurrection, il ne croit pas à une vie  après la mort. Après quoi, il a intérrompu l'examen :

 

-"Tout ce que vous me demandez, je l'ai déjà dit aux premiers experts, et ils m'on trahi"[...].

 

Tout en me gardant d'une explication mécanique ou simpliste, je me suis demandé s'il n'y avait pas là un éclairage possible : chaque meurtre serait l'expression d'une haine agie contre le chouchou du père, lui faisant occuper la position perverse de celui qui transforme le traumatisme subi en traumatisme infligé. Le traumatisme déstabilisateur se nicherait dans l'abandon paternel au moment de la naissance du puiné [...].

 

"Mon Père, pourquoi m'as-tu abandonné ?" Au fond, la crucifixion de Jésus, c'est peut être l'abandon paternel [...].

 

 

 

 

Étymologie 

Famille : Du latin familia, dérivé de famulus ("serviteur") qui traduit la conception romaine de la famille ; celle-ci comprend  non seulement ascendant et descendant naturel, mais aussi les esclaves et serviteurs, c'est à dire tous ceux qui sont soumis à l'autorité absolue du pater familiale ("chef de famille").                          Steve_Mccurry9copy-COLLAGE.jpg
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Définition 

Le terme famille désigne une réunion d'individus unis par les liens du sang, vivant sous le même toit et constituant une entité économique plus ou moins autonome. Le modèle qui s'est imposé dans les société (dites) " modernes" est celui de la "famille nucléaire", composé des parents et de leurs descendants immédiats, mais on peut relever une trés grande variété de modes d'organisation en fonction des aires culturelles.

 

 

 

FAMILLE ET CULTURE

La famille humaine se distingue des familles animales par sa durée et la force des liens affectifs qu'elle tisse entre ses membres. Chez l'Homme, la part de l'acquis l'emporte sur celle de l'inné et l'organisme familiale est susceptible d'importante variations culturelles. Un des objets fondamentaux de l'ethnologie, dès ses débuts avec l'Anglais Morgan (1818-1881), a été l'étude des structures de la parenté : la famille peut être "monogame" ou "polygame" (autorisant ou non la pluralité des conjoints), "patriliénaire" ou "matriliénaire" (définissant la filiation en fonction du père ou de la mère,"patrilocale" ou "matrilocale" (le couple s'installe dans la maison du père ou de la mère)... Les premiers travaux de Levi-Strauss, notamment  Les structures élémentaires de la parenté (1949), montre que si la prohibition de l'inceste est un phénomène universel dans l'espèce humaine, les différentes cultures définissent de façons très diverses la consanguinité et les alliances interdites. Il faut donc penser la famille en terme culturels, c'est à dire sous la catégorie générale de l'échange : en interdisant l'endogamie (le mariage à l'intérieur d'un même groupe restreint), les sociétés opèrent une régulation des rapports sociaux.

 

 

 

« Chacun appelle barbarie ce qui n'est pas de son usage. »

(Michel de Montaigne)

 

 

 

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Des valeurs et des fondements de l'Homme 

Des valeurs subjectives aux valeurs objectives

 

✔Valeur subjective / subjectivité : désigne le caractère de ce qui est personnel.

 

✔Valeur objective / objectivité : désigne le caractère de ce qui fait abstraction de ses propres jugements de valeur.

 

 

◾Depuis Emmanuel Kant : on définit l'objectivité par ce qui est valable universellement.

 

◾Mais depuis les années 1960, certains se contentent du consensus scientifique.

 

 

 

 Le Jugement critique 

 

Certains jugements peuvent être dits : "jugements de valeur". Ils reposent sur le vécu de chaque individu. De facto, ils sont susceptibles d'être contestés, soit par une minorité, soit par le plus grand nombre.

 

D'autres jugements peuvent être dits : "jugements de fait". Ils reposent sur l'expérience. De facto, leur fondement scientifique (expérimental) empêche toute contestation.

 

Mais l'incapacité de pouvoir accorder, par l'expérience, un fondement universel à certaines valeurs sociales, ne signifie en aucune manière que toutes les lois sociales se valent et, ne prône en rien le nihilisme. En effet, certaines valeurs peuvent être perçues non comme structurellement universelles mais comme supérieures et à portée universelle, parce que de nature à optimiser le bien être du plus grand nombre, à l'échelle nationale autant qu'internationale.

 

(Vlasios Maximus, CRNB)

 

 

 

 

La petite histoire 

Au XVIe siècle, les voyages des Grandes Découvertes et les entreprises occidentales de colonisation ont inauguré la fin du cloisonement planétaire, achevée au XX siècles par le progré technique et la mondialisation des échanges. Ce décloisonnement a considérablement réduit le nombre des aires culturelles et à pu, un moment, être interprété comme l'annonce d'une occidentalisation générale du monde, devenu "village planétaire" selon l'expression du Canadien McLuhan (1962).

 

En fait, la décololonisation, la réaction anti-occidentale et les replis identitaires de la fin du XXe siècle ont largement montré les limites d'une telle analyse. Certes, les emprunts et les échanges culturels se sont multipliés dans le sens d'une homogénéisation, voire d'une uniformisation des modes de vie, mais sans remettre en cause les options et les identités de base.

 

Ainsi, la valeur universelle de certaines notions, jugée "évidente" pour un Occidental, ne l'est pas nécessairement pour un Indien, un Chinois, ou un Africain musulman. On peut le constater à propos des droits de l'Homme, du statut des femmes dans la société ou du refus des hiérarchies héréditaires. Le rôle essentiel accordé à l'individu dans le monde occidental reste étrangé à la conception que les civilisations d'Extrême-Orient se font du système social.

 

 

■ En 1981, il est apparu une Déclaration islamique universelle des droits de l'Homme, et une Chartre africaine des droits de l'Homme et du peuple.

 

 

→ Articles de la Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen (1789)  :  Articles

 

 

 

En l'absence de réflexion, dont l'un des fondements essentiels repose sur la comparaison, tout enseignement se vide en totalité ou en partie de sa substance.

 

(Vlasios Maximus, CRNB)

 

 

 

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Citations de Claude Levi-Strauss (1908-2009), anthropologue :

- « Le barbare, c'est d'abord celui qui croit â la barbarie. »

 

- « On refuse d'admettre le fait même de la diversité culturelle ;  on préfère rejeter hors de la culture, dans la nature, tout ce qui ne se conforme pas à la norme sous laquelle on vit. »

 

 

 

Petite réflexion...

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Oui, par essence nous sommes prudents à l'égard des autres ; mais nous ne naissons pas racistes : ce sont les hiérarchies construites par les sociétés ou au sein même des familles qui nous apprennent à le devenir. Il est une chose de manifester une préférence culturelle, il en est une autre d'élaborer et d'entretenir des hiérarchies. (Vlasios Maximus, CRNB)

 

 

 

 

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Article CRNB / Philosophie : Vlasios Maximus [B.M.C] . Sciences sociales : [source] Culture G., Ed. Hatier . Introduction : Confession d'un tueur en série : [source] Stéphane Bourgoin

 

*Photo 1 : Steve McCurry


22/08/2014
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Protéger les Nations et les Citoyens : combattre l'intolérance, la délinquance, la criminalité et le terrorisme...

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«La guerre n'est raisonnable que lorsqu'elle ne nous atteint pas.»

Walteer Gauthier

 

 

 

 

 

 

 

INTRODUCTION 
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Cet article est consacré, par une méthode de nature à éveiller les consciences, aux combats contre l'intolérance, la délinquance, la criminalité et le terrorisme. Ces derniers reposant sur 3 éléments essentiels :
-l'éducation,
-le renseignement (intérieur, extérieur, civil, militaire...),
-l'optimisation des moyens d'enquête et de protection.
 
 
« La connaissance de soi est le commancement de la sagesse.»
Aristote 

 


 

 

 

 

Protéger la Cité et les Citoyens 

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Socrate (470-469 à 399 av. J.-C) 

-Idées : Ironie, vertu, connaissance

-Il est l'un des créateurs de la philosophie morale, probablement le plus grand d'entre eux. 

 

« Tout  que je sais, c'est que je ne sais rien »  

 

 

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Alcibiade (450 à 404 av.  J.-C)

-Homme d'État, orateur et général athénien.

 

 



Un  dialogue
philosophique entre Alcibiade et Socrate

 

SOURCE : Texte de Platon 

 

CONTEXTE : (Athènes/Grèce classique /Vème siècle avant J.-C)  Alcibiade souhaite se rendre a l'assemblée pour conseiller le peuple athénien sur les questions de guerre et de paix et en général les affaires de la République.

 

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[...] Socrate : Oh ! quelle humiliation ! Suppose qu'en parlant,  en donnant ton avis de l'approvisionnement public,  tu dises que ceci est meilleur que cela,  meilleur maintenant, meilleur en telle ou telle quantité,  et que quelqu'un te demande : "Qu'entends-tu par meilleur, Alcibiade ? et quand on te questionnera sur une chose que tu prétends au contraire savoir,  et sur laquelle tu veux donner ton avis parce que tu la connais bien,  tu ne rougirais pas de ne pouvoir répondre ? ne serait-ce pas humiliant ?

 

Alcibiade : Si fait. 

 

Socrate : Réfléchis donc et tâche de définir en quoi consiste le mieux,  lorsqu'on observe la paix, ou qu'on fait la guerre à propos. 

 

Alcibiade : J'ai beau réfléchir,  je ne vois pas. 

 

Socrate : Quoi, lorsque nous faisons la guerre,  ne sais-tu pas qu'elle plainte nous formulons les uns contre les autres pour nous y engager,  et de quel terme nous faisons alors usage ?

 

Alcibiade : Ah ! si : nous disons qu'on nous trompe,  ou qu'on nous fait violence, ou qu'on nous prend ce qui est à nous.

 

Socrate : Précisément. 

 

Alcibiade : Oh ! mais cela diffère du tout au tout. 

 

Socrate : Eh bien,  à quels adversaires engageras-tu les Athéniens à faire la guerre ? à ceux qui les traitent injustement ou à ceux qui les traitent justement? 

 

Alcibiade : La question est insidieuse. Car, à supposer qu'on veuille faire la guerre à ceux qui agiraient justement,  on se garderait bien d'en convenir. 

 

Socrate : Apparemment parce que cela n'est pas conforme au droit. 

 

Alcibiade : Non certe, ni honorable,  je pense. 

 

Socrate : Ainsi : c'est la justice que, toi aussi, tu auras en vue dans tes conseils.

 

Alcibiade : On ne peut faire autrement. 

 

Socrate : En ce cas, ce mieux que desirais t'entendre déterminer et d'après lequel on décide si l'on fera la guerre oui ou non, à qui ont la fera et à qui non, à quel moment on la fera ou on ne la fera pas, ce serait tout simplement ce qui est le plus juste. Qu'en dis-tu ?

 

Alcibiade : C'est bien cela, évidemment. 

 

Socrate : Mais alors,  voyons, mon cher Alcibiade : est-ce que, sans t'en appercevoir, tu ignorerais cette chose essentielle ? ou bien, par hasard,  aurais-je manqué de remarquer que tu l'apprenais, en fréquentant un maître qui t'enseignait à distinguer le juste de l'injuste ? Qui est ce maître,  je te prie ? Dis-le-moi, pour que tu m'introduise auprès de lui comme disciple. 

 

Alcibiade : Tu te moques de moi, Socrate. 

 

Socrate : Certe non, par le dieu de l'amitié qui nous est commun et que je craindrais le plus d'attester en vain. Si ce maître existe, dis-moi qui il est.

 

Alcibiade : Mais s'il n'existe pas ? Penses-tu donc que je ne puisse savoir autrement ce qui est juste ou injuste ?

 

Socrate : Tu le peux assurément,  si tu l'as trouvé.

 

Alcibiade : Et tu penses que je ne l'aurais pas cherché ?

 

Socrate : Tu l'aurais cherché,  si tu avais cru l'ignorer. 

 

Alcibiade : Eh bien,  n'y a-t-il pas eu un temps où je le croyais ?

 

Socrate : Ah ! fort bien. Peux-tu donc me faire connaître ce temps où tu croyais pas savoir ce qui était juste ou injuste ? Voyons, est-ce l'an dernier que tu le cherchais et ne croyais pas le savoir ? Ou bien,  le croyais-tu déjà ? Réponds-moi sincèrement pour que notre entretien puisse aboutir. 

 

Alcibiade : Je croyais déjà le savoir. 

 

Socrate : Il y a trois ans, quatre ans, cinq ans, n'en était-il pas de même ?

 

Alcibiade : En effet. 

 

Socrate : Mais auparavant, tu n'étais qu'un enfant,  n'est-ce pas ?

 

Alcibiade : Oui.

 

Socrate : Et, en ce temps-là, je sais bien que tu croyais le savoir. 

 

Alcibiade : Oh ! comment le sais-tu ?

 

Socrate : C'est que souvent,  quand tu étais enfant, je t'ai entendu,  à l'école et ailleurs, tandis que tu jouais aux osselets ou à quelque autre jeu ; or, tu ne témoignais aucun doute sur le juste et l'injuste ; loin de là, tu disais très  haut et hardiment,  de n'importe quel de tes petits camarades,  qu'il était méchant et injuste,  qu'il te faisait tort. N'est-ce pas exact ?

 

Alcibiade : Eh que devais-je faire Socrate, lorsqu'on me faisait tort ?

 

Socrate : Quoi ? si tu ignorais alors que l'on te faisait tort, comment me demandes-tu ce que tu devais faire en ce cas ? 

 

Alcibiade : Certe, je ne l'ignorais pas ; je savais même très bien qu'on me faisait tort. 

 

Socrate : Par conséquent,  tu croyais sans doute connaître dès ton enfance le juste et l'injuste 

 

Alcibiade : Je le croyais, et je le connaissais effectivement.  

 

Socrate : En quel temps donc l'avais-tu trouvé ? ce n'était pas, assurément, lorsque tu croyais déjà le savoir.

 

Alcibiade : Non, sans doute. 

 

Socrate : Mais en quel temps as-tu cru l'ignorer ? Réfléchis bien : ce temps-là, tu ne le trouveras pas.

 

Alcibiade : En effet, Socrate,  par Zeus, je  ne peux le dire.

 

Socrate : Ainsi,  tu ne sais pas ces choses pour les avoir trouvées ?

 

Alcibiade : Non, je le vois bien.

 

Socrate : Or tu viens de dire que tu ne les sait pas non plus pour les avoir apprises. Mais puisque tu ne les as ni trouvées ni apprises, comment les sais-tu et d'où les sais-tu ?

 

Alcibiade : Peut-être ai-je eu tord de te répondre que je les savais pour les avoir trouvées par moi-même. 

 

Socrate  : Qu'aurait-il fallu répondre ?

 

Alciniade : Que je les ai apprises,  je crois, comme tout le monde.

 

Socrate : Alors,  nous voici revenus au même point.  De qui les as-tu apprises ? Dis le moi vite.

 

Alcibiade : De toit le monde.

 

Socrate : Oh ! ce n'est pas un fameux maître que celui auquel tu te réfère,  tout le monde !

 

Alcibiade : Eh quoi ? le grand nombre n'est-il pas capable d'enseigner ?

 

Socrate : Pas même à jouer au trictrac, en tout cas. Et pourtant c'est là une matière moins délicate que la justice.  Ne le pense-tu pas? 

 

Alcibiade : Oh ! si. 

 

Socrate : Ainsi,  ceux qui ne savent pas enseigner le plus facile seraient capables d'enseigner le plus difficile ?

 

Alcibiade : Pourquoi pas ? Ils sont bien capables d'enseigner quantité de choses plus difficiles que le calcul des jetons.

 

Socrate : Lesquelles  ? Je te prie. 

 

Alcibiade : Eh bien,  n'est-ce pas d'eux que j'ai apris à parler grec ? car vraiment je ne saurais dire quel maître me l'a enseigné,  et j'en rapporte le mérite précisément à ceux dont tu fais si peu de cas.

 

Socrate : C'est qu'en effet,  mon brave ami, tu parles d'une chose que tout le monde enseigne fort bien, et il n'y a qu'à louer les leçons du grand nombre en cette matière.

 

Alcibiade : Pourquoi cela ?

 

Socrate : Parce qu' il possède à cet égard ce qui est indispensable aux bons maîtres.

 

Alcibiade : Qu'entends-tu par là ?

 

Socrate : Ne sais-tu pas que,  pour enseigner une chose quelconque, il faut d'abord la savoir soi-même ?  N'est-il pas vrai ?

 

Alcibiade : Sans aucun doute.

 

Socrate : Et ceux qui savent doivent s'accorder entre eux et ne pas différer d'opinions.

 

Alcibiade : Cela est juste. 

 

Socrate : S'il diffèrents sur une chose quelconque, dirais-tu qu'ils savent ?

 

Alcibiade : Non assurément. 

 

Socrate : Comment alors pourraient-ils l'enseigner ?

 

Alcibiade : En aucune façon.

 

Socrate : Eh bien, te semble-t-il qu'il y ait désaccord  entre les gens à propos de ce qu'ils appellent pierre ou bois ? Et quel que soit celui que tu interrogeras, est-ce qu'ils ne feront pas tous même réponse ? est-ce qu'ils ne tendront pas la main vers le même objet, s'ils veulent prendre une pierre ou du bois ? de même pour toutes les choses analogues. Or c'est bien là, si je ne me trompe,  ce que tu appelle savoir parler grec  n'est-ce pas ?

 

Alcibiade : Oui, en effet. 

 

Socrate : Là-dessus donc, ils s'accordent tous entre eux, comme nous le disions,  et chacun d'eux s'accorde avec lui-même ; les États même ne se disputent pas sur de tels sujets, ils n'oposent pas opinion à opinion.

 

Alcibiade : Non assurément. 

 

Socrate : Il est naturel par conséquent que tous soient bons maîtres en cette matière. 

 

Alcibiade : Oui.

 

Socrate  : Et si nous voulions mettre quelqu'un en état de savoir cela, nous n'aurions pas tort de l'envoyer à leur école, à celle de tout le monde ?

 

Alcibiade : Non assurément.

 

Socrate : Au contraire, si nous voulions qu'il sût non seulement ce qui est Homme ou ce qui est cheval, mais encore quels hommes et quels chevaux sont bons ou mauvais à la course,  est-ce encore le grand nombre qui serrait en état de l'enseigner ?

 

Alcibiade : Pas du tout.

 

Socrate : La preuve que tous ne le savent pas et ne sont pas de vrais maîtres en cette matière,  n'est-ce pas qu'ils ne s'accordent aucunement entre eux à ce sujet ? En conviens-tu ?

 

Alcibiade : Oui vraiment. 

 

Socrate : Et si nous voulions qu'il sût non seulement ce qui caractérise l'Homme,  mais encore quels hommes sont sains ou malades, est-ce le grand nombre qui serait en l'état de l'enseigner ?

 

Alcibiade : Non certes.

 

Socrate : Et la preuve qu'ils sont mauvais maîtres en cette matière, ne serait-ce pas, à ton avis, de constater leur désaccord ?

 

Alcibiade : Oui, j'en convient.

 

Socrate : Bien. Or, au sujet des personnes et des choses justes ou injustes, la plupart des Hommes te semblent-ils s'accorder avec eux-même ou avec les autres ?

 

Alcibiade : Oh ! par Zeus, aussi peu que possible.

 

Socrate : Et même, n'est-ce pas la-dessus qu'ils te semblent être le plus en désaccord ?

 

Alcibiade : Plus que sur tout au monde.

 

Socrate : D'autre part, je ne suppose pas que tu aies jamais vu ou entendu des Hommes se disputer assez vivement sur ce qui est sain ou malsain pour en venir aux mains et se tuer les uns les autres.

 

Alcibiade : Non certes.

 

Socrate : Au contraire, au sujet du juste et de l'injuste, à supposer que tu n'aies pas vu de telles disputes,  je sais que tu en as entendu raconter plus d'une, notamment chez Homère.  Tu connais les récits de l'Odyssée et de l'Iiade ?

 

Alcibiade : Oh ! assurément Socrate.

 

Socrate : Poèmes qui ont pour sujets des dissentiments sur le juste est l'injuste.

 

Alcibiade : C'est vrai.

 

Socrate : Les batailles, les morts d'Hommes, pour les Achéens et aussi pour les Troyens, n'ont pas eu d'autre cause, non plus que les prétendants de Pénélope et Ulysse.

 

Alcibiade : Tu as raison.

 

Socrate : Et c'est encore pour cela, si je ne me trompe,  que succombèrent ceux des Athéniens, des Lacédémoniens et des Béotiens qui furent tués  à Tanagra, comme plus tard ceux qui périrent à Coronée, au nombre desquels ton père Clinias trouva la mort ; aucun dissentiment, sinon au sujet du juste et de l'injuste,  n'a causé ces morts et ces combats. N'est-ce pas exact ?

 

Alcibiade : Tout á fait exact.

 

Socrate : Alors, pouvons-nous dire que les Hommes connaissent des choses sur lesquelles ils sont si âprement en désaccord qu'en se contredisant mutuellement ils viennent aux dernières violences ?

 

Alcibiade : Non, évidemment. 

 

Socrate : Quelle apparence,  dès lors,  que tu saches ce qui est juste et ce qui ne l'est pas, quand tu erres sans cesse dans tes réponses et quand il est manifeste que tu ne l'as ni appris de personne ni trouvé par toi-même ?

 

Alcibiade : D'après ce que tu dis cela n'est guère probable.

 

Socrate : Oh ! Alcibiade, combien tu t'exprimes mal ! Ne le vois-tu pas ?

 

Alcibiade : En quoi ?

 

Socrate : Quand tu prétends que c'est moi qui dis cela.

 

Alcibiade : Eh ! n'est-ce pas toi en effet qui dis que j'ignore ce qui est juste ou injuste ?

 

Socrate : Non vraiment. 

 

Alcibiade : C'est donc moi ?

 

Socrate : Positivement. 

 

Alcibiade : Comment cela ? 

 

Socrate : Écoute. Suppose qu'étant donnés les nombres un et deux, je te demande quel est le plus fort, tu me diras que c'est deux.

 

Alcibiade : Cela va de soi.

 

Socrate : Plus fort de combien? 

 

Alcibiade : D'une unité.

 

Socrate : Et bien, lequel est-ce de nous deux qui dit que deux est plus fort qu'un d'une unité ?

 

Alcibiade : C'est moi.

 

Socrate : Or moi, j'interrogeais, et toi, tu répondais.

 

Alcibiade : C'est bien cela.

 

Socrate : Ainsi,  sur ce sujet, est-ce moi qui dis les choses quand  j'interroge, ou toi, quand tu réponds ?

 

Alcibiade : c'est moi.

 

Socrate : Et si je te demandais comment s'écrit le nom de Socrate et que tu me le dises, qui de nous deux dirait la chose ?

 

Alcibiade : moi.

 

Socrate : Donc, toujours et partout,  lorsqu'il y a échange de questions et de réponses, quel est celui qui dit les choses ? Est-ce celui qui questionne ou celui qui répond ?

 

Albiciade : Il me semble, Socrate, que c'est celui qui répond.

 

Socrate : Eh bien, tout à l'heure, n'était-ce pas toujours moi qui questionnais ?

 

Alcibiade : Oui, en effet.

 

Socrate : Et c'était toi qui répondais ? 

 

Alcibiade : Parfaitement.

 

Socrate : Alors qui de nous deux a dit ce qui a été dit? 

 

Alcibbiade : Il est clair Socrate, d'après ce que j'ai accordé, que c'était moi.

 

Socrate : Concluons-en qu'au sujet du juste et de l'injuste, il été dit : que le bel Alcibiade, fils de Clinias, était dans l'ignorance, mais qu'il  se croyais savant et se proposait d'aller dans l'assemblée donner des conseils aux Athéniens sur ce qu'il ignorerais totalement. N'est-ce pas exact ?

 

Alcibiade : Il est manifeste que si. [...]

 

 

 

 

 

" Sans commentaire "

 

Des millions d'individus : Juifs, Tsiganes, Hndicapés mentaux et Opposants au régime ont été massacrés par l'Allemagne nazie.

 

Traudl Junge, secrétaire d'Hitler de 1942 à 1945 : "no comment"

 

 

 

 

 

Un combat contre le terrorisme 

 

Latifa Ibn Ziaten : Le combat d'une mère, d'une femme, d'une grande dame contre l'intolérance, la délinquance, la criminalité et le terrorisme en particulier. Un message boulversant, un message qui éveille notre conscience et stimule notre réflexion...

 

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De la démocratie 

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Solon : fondateur de la démocratie athénienne.

 -Les autres fondateurs : Dracon, Pisistrate et Clistène.

 

 

 

Protéger la démocratie 

La démocratie n'est point une oeuvre parfaite, mais y-a-t-il une seule chose qui le soit objectivement en ce monde. Elle peut être sans cesse débattue et améliorée par des propositions citoyennes, mais une fois chèrement acquise : nul ne devrait jamais la combattre. Sans démocratie, il n'est point de liberté autre que celle que peut s'attribuer une classe dominante autoproclamé. La démocratie est le socle sur lequel repose toutes les libertés fondamentales, individuelles et collectives : liberté d'expression, liberté de propriété, liberté des femmes, liberté des hommes.. La démocratie garantit à chacune et à chacun la part la plus étendue de spécificités sociales, culturelles ou religieuses. Mais cette chose merveilleuse, cet édifice politique sur lequel repose la laïcité et toutes les autres formes de séparation entre le temporel  et le spirituel, cet édifice qui donne à chacune et à chacun la possibilité de croire ou de ne pas croire, de penser librement, d'affirmer ces opinions et ces convictions philosophiques, cet édifice est fragile et se doit d'être entretenu par le plus grand nombre : en ne cherchant point à dissoudre progressivement les fondements de la communauté nationale en y apportant des valeurs dominantes antagonistes qui tendent, par interaction, à favoriser l'avènement d'un pouvoir intolérant et autoritaire ; en respectant et en faisant sienne le bouquet de valeurs dominantes qui structurent la République, la démocratie et l'union entre chaque citoyen, dont la valeur intrinsèque devrait toujours reposer sur ses actes et non son origine, sa prétendue philosophie ou sa religion ou non-religion réelle ou supposée.

Vlasios Maximus, auteur

 

 

 

 

Stèle dite de la démocratie 

Figurant une loi contre la tyrannie et un bas-relief représentants le Démos couronné par la démocratie.

[Musée de l'Agora antique d'Athènes]

 

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Voir aussi :  La démocratie athénienne

 

 

 

 

 

Aristote 

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Aristote (384 à 322 av. J.-C.)

-L'un des penseurs les plus influents que le monde ait connu : il a influencé les philosophies occidentale, islamique et juive.

 

 

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Platon (428-427 à 348 av. J.-C. / élève de Socrate) et son disciple Aristote.

 

 

 

 

 

Emmanuel Kant, philosophe des Lumières 

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Emmanuel Kant (1724-1804)

 

 

 

 

De l'Humanisme 

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Fracesco Petracco, dit Petrarca (1304-1374)

"Le premier humaniste"

Avide de voyage et passionné par l'Antiquité, Petrarca (Pétrarque en Français) se plonge dans l'étude des textes anciens pour concilier le christianisme et l'héritage antique. Ce poète est fréquemment considéré comme le premier humaniste et le Père de la Renaissance.

 

 

Humanisme : définition 

 

Philosophie qui place l'Homme et les valeurs humaines au-dessus de toutes les autres valeurs.

Larousse 

 

 

« [...] C'est un mot savant, forgé au XIXe siècle par les historiens allemands (son point de départ exact, 1808). Pierre de Nolhac, auteur de Pétrarque et l'humanisme, "à revendiqué l'honneur de l'avoir introduit dans la langue officielle de l'Université française, en 1886, par son cours à l'École des Hautes Études". Donc un mot tardif et qui, de ce simple fait, s'offre avec facilité aux interprétations personnelles, licites ou abusives. Jusque-là, on connaissait les humanistes et le mot s'appliquait à un groupe d'Hommes précis qui, aux XVème et XVIème siècles, s'étaient eux-mêmes donné ce nom.

 

Mais le mot d'humanisme n'est pas resté lié aux seuls "humanistes" et au  seul "esprit de la Renaissance italienne et européenne" 

 

Sur le plan de l'histoire, on parlera tout aussi bien de l'humanisme du XIIème siècle (que sous-tend la scolastique) que de celui de la Renaissance ou de la Réforme, de l'humanisme de la Révolution française [...], ou pour reprendre le mot d'un historien d'aujourd'hui, de "l'humanisme de Karl Marx ou de Maxime Gorki"... [...] 

 

[...] Peut-être est-il raisonnable d'emprunter à Augustin Renaudet, historien de l'humanisme toscan et européen une définition large et qui semble convenir à ce sens général ?  "On peut définir sous le nom d'humanisme une éthique de la noblesse humaine. Orientée  à la fois vers l'étude et l'action, elle reconnaît, elle exalte la grandeur du génie humain, la puissance de ses création, oppose sa force à la force brute de la nature inanimée. L'essentiel demeure l'effort de l'individu pour développer en lui même, au moyen d'une discipline stricte et méthodique, toutes les puissances humaines, pour ne rien laisser perdre de ce qui grandit l'humain et le magnifie.

 

"Tendre d'un effort ininterrompu, dit Goethe au début du Second Faust, vers la plus haute forme de l'existence."

 

Pareillement Stendhal disait à Eugène Delacroix (31 janvier 1850) : "Ne négligez rien de ce qui peut vous rendre grand".

 

Une telle éthique de noblesse humaine impose à la société un effort constant pour réaliser, en elle, la plus haute perfection des rapports humains ; une immense conquête, un immense travail de culture, une science toujours plus élargie de l'Homme et du monde. Il fonde une morale individuelle et collective ; il fonde un droit et une économie ; il aboutit à une politique ; il nourrit un art et une littérature." [...]

 

D'une certaine façon, aussi,  l'humanisme est toujours contre : contre la soumission exclusive à Dieu ; contre toute conception uniquement matérialiste du monde ; contre toute doctrine qui négligerait ou semblerait négliger l'Homme ; contre tout système qui réduirait la responsabilité de l'Homme... Il est revendication perpétuelle. Un fruit de l'orgueil. [...] »

Fernand Braudel, historien

 

 

 

La Renaissance 

Nom donné à une période de transformation et de renouvellement socioculturel de l'Europe occidentale, qui s'étend de la fin du XIVème siècle au début du XVIIème siècle. Développement de l'imprimerie ; naissance de la notion d'État ; formation d'une  bourgeoisie d'affaires ; le culte platonicien du beau s'intègre à la pensée Chrétienne ; éclat culturel ; architecture nouvelle, inspirée de l'Antiquité ; littérature : Pétrarque, Rabelais, La Boétie, Montaigne...

 

 

Dates importantes 

 

-1337-1530 : Première Renaissance 

-1337 : Avignon s'anime avec le retour de Pétrarque

 

C'est à Florence (Italie) que la Renaissance connaît sa plainitude et installe son hégémonie culturelle.

 

1536 : Mort de l'humaniste Didier Érasme

 

 

 

 

 

Alexandre le Grand

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Marbre blanc, Grèce antique (période hellénistique, 321-23 av. J.-C.), British Museum.

 

 

Alexandre le Grand et son précepteur Aristote education-d-alexandre-par-aristote-de-charles-laplante_5155291.jpg

 

Alexandre le Grand (356 à 323 av. J.-C)

Roi de Macédoine et l'un des plus grands conquérants de l'Histoire. Il avait la volonté de faire fusionner les cultures grecque et orientale. Avec Alexandre, les valeurs des grands philosophes grecques vont se rependre dans tout son empire et donner naissance à l'hellénisme. Pendant un court moment de l'Histoire, il réalisa une unité politique jamais retrouvé ensuite entre l'Occident et l'Orient.

 

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L'empire d'Alexandre le Grand

 

 

 

 

 

Les grands boulversements

 

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L'empereur Caracalla  (188-217)
 
280px-Head_Constantine_Musei_Capitolini_MC1072.jpg
l'empereur Constantin 1er (272-337)
 
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L'empereur Théodose 1er  (347-395)
 
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Théodose 1er
 
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L'Empire romain 

 
 
Quelques dates importantes
 
Ve siècle av. J.-C. : Naissance de la démocratie athénienne 
332-323 : Conquêtes d'Alexandre le Grand.
Philosophie / Pyrrhon : scepticisme.
À partir du IVe siècle av. J.-C. : Période hellénistique, diffusion de la civilisation grecque
321 : Formation des royaumes hellénistiques.
IIe siècle av. J.-C. : Introduction de la puissance romaine (en pleine ascension) dans les Royaumes hellénistiques et début de l'hellénisation de Rome ; naissance de la civilisation gréco-romaine.
58-51 av. J.-C. : Conquête de la Gaulle (par Jules César).
44 : Mort de Jules César.
30 av. J.-C. : Mort de Cléopâtre et annexion de l'Égypte.
27 av. J.-C. : Instauration de l'Empire Romain
27 av. J.-C. : Auguste, première empereur.
Ier siècle : Naissance du christianisme
212 : L'édit de Caracalla / extension de la citoyenneté romaine à tous les habitants de l'Empire romain (les juifs accèdent à la citoyenneté).
313 : L'édit de Milan (sous le régne de Constantin 1er) / liberté de culte : le christianisme est toléré. Constantin épouse la foi chrétienne.
28 février 380 : L'édit de Thessalonique (sous le règne de Theodose 1er) / officialise le culte catholique orthodoxe et en fait l'unique religion licite de l'empire romain (les cultes païens sont interdits).
395 : Mort de Théodose ; division de l'Empire en deux États : l'empire d'Orient et l'empire d'Occident.
406 : Début des Grandes Invasions.
476 : Fin de l'empire d'Occident.
VIIe : Naissance de l'islam
VIIe au XIe : Conquêtes et victoires de l'islam.
1453 : Prise de Constantinople par les Turcs, fin de l'Empire d'Orient. 

 

 

 

 

 

Une  brève visite en Inde

big_photo_779041_11845794_2016082659598191.jpgL'empereur Ashoka (304-232 av. J.C.)

597px-AshokaLions.jpgPilier d'Ashoka de Sarnath

 

 

 

 

 

De Platon à Averoès 

Philosophes musulmans

Il y a un humanisme musulman issu d'un long courrant de pensée (avec quelques noms essentiels) : Al-Kindi, Al-Farabi, Avicenne, Al-Gazali et Averroès.

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Al-Farabi (872-950)

Philosophe musulman, il approfondit toutes les sciences et tous les arts de son temps : il est le "second maître" (entendez après Aristote).

 

-Commentateur de Platon et d'Aristote.

 

 

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Avérroès / Ibn Rochd de Cordou (1126-1198

Philosophe, théologien, juriste et médecin musulman andalou.

 

-Commentateur et éditeur fidèle des oeuvres d'Aristote.

 

-Ces textes et commentaires d'Aristote seront traduits de l'Arabe en latin, à Tolède, puis gagneront l'Europe et participeront (l'averroiïsme) activement à l'éveil de l'Occident à partir du XIIIème siècle.

 

 

 

XIIe-XIIIe siècle : Arrêt ou décadence 

La civilisation "Sarrasine", après ces fastes extraordinaires, s'interrompt brusquement avec le XIIe siècle : c'est la fin des progrès scientifiques et philosophique. Est-ce la faute des attaques passionnés d'Al-Gazali ? Est-ce la faute des Barbares (Berbères d'Afrique du Nord, Almoravide et Almohades en Espagne ; Soudanais et Sahariens ; Turcs Seldjoukides au Proche-Orient) ? qui l'auraient tué de l'intérieur ! Est-ce la faute des attaques  des Mongols (qui prennent Bagdad en 1258) ; est-ce la faute de la méditerranée ? : avec le XIe siècle finissant, l'Europe à commencé sa reconquête de la mer Intérieur, la mer nourricière échappe alors à l'Islam; ; est-ce la faute d'un peu de chacun de ces facteurs ? La civilisation musulmane survit à ce replis, notamment à travers la grandeur turc jusqu'au XVIIIe siècle, mais sans jamais retouver la splendeur de son passée pendant l'âge d'or de l'Islam,  du VIII  au XIIe siècle.

 

 

 

De la souplesse et de la capacité d'adaptation de l'Islam

«[...] Attribuer à l'Islam une intransigeance religieuse exceptionnelle,  un manque absolu de souplesse, c'est oublier ses nombreuses hérésies, qui prouvent, à elles seules, des inquiétudes,  des possibilités de torsion. D'ailleurs le Coran lui même ouvre au réformisme la porte jamais fermée de l'ijtihad. "Le Prophète passe pour avoir prévu le cas ou le Coran et la Sounna (tradition) seraient muets : il recommande, en l'occurrence, de recourir au raisonnement par analogie,  qiyas ; si celui-ci est inapplicable, on devra exercer sur toutes les bases précédentes son jugement et son coup d'oeil,  ray. Cet effort personnel d'interprétation,  l'ijtihad,  tiendra une place considérable dans l'élaboration future de la pensée musulmane". [...]»

Fernand Braudel, historien

 

 

 



Aristote 

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Socrate 

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Accusé : de ne pas reconnaître les mêmes dieux que l'État, d'introduire des divinités nouvelles et de corrompre la jeunesse ", Socrate est arrêté et jugé (il y a 501 juges : 280 votent la condamnation, 221 l'acquittement). Mélétos demande la peine de mort. Le jour venu, Socrate boit la cigüe (poison). Le véritable motif (non avoué) de son accusation est probalement d'ordre politique.


[Photo : La mort de Socrate,  Jacques-Louis David -1787]

 

 

 

 

 

Livre

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L'ami retrouvé, un récit de Fred Uhlman 

Allemagne, années 1930 : L'un est le fils d'un médecin juif,  l'autre est le membre d'une illustre famille aristocratique allemande. La montée du nazisme et l'avènement d'Hitler vont bouleverser leur relation. Une oeuvre poignante, une réflexion sur l'amitié et la différence...

 

À lire absolument,

Le blog

 



 

 

 

 

Article CRNB : Photo (1) de Marc Riboud ; Photo (2) INTRODUCTION : Pistolet à platine, France, vers 1755, bois et métal ; PLATON -Apologie de Socrate, Hippias mineur, Alcibiade, Euthyphron, Criton, Hippias majeur, Charmide, Lachès, Lysis / éd. tel gallimard. ; Photo -De la démocratie/Solon: Oeuvre réalisée par Brenda Putnam pour la Chambre des représentants des États-Unis ; Philosophie -De la démocratie : Vlasios Maximus [B.M.C], CRNB. XII-XIIIe siècle -Arrêt ou décadence, source : Fernand Braudel/Grammaire des civilisations.


19/09/2016
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