Club de Réflexion Noctua & Bubo (CRNB) -Think tank-

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Du travail

Économie et monde du travail : histoire et lois du travail, philosophie, mots clés,...


Histoire du travail

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Famille paysanne au Moyen Âge

 

 

 

 

   
INTRODUCTION

 

"Nous sentons la douleur, mais non l'absence de douleur ; nous sentons le souci, mais non l'absence de soucis ; la crainte, mais non la sécurité. Nous sentons le désir et le souhait, comme nous sentons la faim et la soif ; mais à peine sont-ils exaucés, tout est fini, ainsi que la bouchée qui, une fois avalée, cesse d'exister pour notre sensation. Ces trois plus grands biens de la vie, santé, jeunesse et liberté, aussi longtemps que nous les possédons, nous n'en avons pas conscience, nous ne les apprécions qu'après les avoir perdu, car ce sont là aussi des biens négatifs. Nous ne remarquons les jours heureux de notre vie passée qu'après qu'ils ont fait place à la douleur..."

 

Arthur Shopenhauer (1788-1860), philosophe

 

 

 

 

 

 

LE TRAVAIL

Le siècle des Lumières donne au travail un sens pleinement positif. Dans la ligné des Encyclopédistes, Marx en a fait l'essence même de l'Homme, au moment où la Révolution industrielle impose les pires conditions de vie aux ouvriers.

 

Au milieu du XVIIIe siècle, l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert affiche la volonté de réhabiliter le travail manuel, en glorifiant l'homo faber : "Les artisans se sont crus méprisables parce qu'on les a méprisés.[...]. Quelle bizzarerie de nos jugements ! Nous exigeons qu'on s'occupe utilement et nous méprisons les Hommes utiles."

 

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" L'ouvrier (en régime de proprieté privée) se trouve devant le produit de son travail dans le même rapport qu'avec un objet étranger [...].

 

En refusant de considérer le rapport directe entre l'ouvrier (le travail) et la production, l'économie politique cache l'aliénation qui marque le travail. Certe le travail produit des merveilles pour les riches, mais le dénuement pour les ouvrier. Il produit des palais, mais pour l'ouvrier, il n'y à que des tanières. Il produit la beauté, mais l'ouvrier est estropié. Des machines remplacent le travail mais une partie des ouvriers est rejetée dans un travail barbare, l'autre est elle-même transformée en machine. Il produit l'esprit, mais pour l'ouvrier, c'est l'imbécilité et le crétinisme.[...].

 

Supposons que nous produisions comme des êtres humains : chacun de nous s'affirmerait doublement dans sa production, soi-même et l'autre. Dans ma production, je réaliserais mon individualité, ma particularité ; j'éprouverais en travaillant, la joissance d'une manifestation individuelle de ma vie, et dans la contemplation de l'objet, j'aurais la joie individuelle de reconnaître ma personnalité comme une puissance réelle, concrètement saisissable et échappant à tout doute.

 

Dans ta jouissance ou ton emploi de mon produit, j'aurais la joie spirituelle de satisfaire par mon travail un besoin humain de réaliser la nature humaine et de fournir au besoin d'un autre l'objet de sa nécessité.[...] Nos productions seraient autant de miroirs ou nos êtres rayonneraient l'un vers l'autre."

 

Karl Marx

 

 

 

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TRAVAIL, AGRICULTURE ET RÉFLEXION...

Comme 3 à 10 calories végétales sont nécessaires pour produire une calorie animale, il faut prévoir un doublement de la demande mondiale de produit agricoles d'ici au milieu du siècle. Qui pourra répondre à une telle demande ? 

 

Tous comptes fait, nourrir un humain nécessite en moyenne 200 kilogrammes de céréales (ou équivalent) par an. Le monde en produit déjà plus de 330 kg en moyenne par personne : 200 kg à peine dans les pays du sud, mais plus de 600 kg dans ceux du nord.

 

Le problème de la fin n'est donc pas lié à une insuffisance de disponibilité globales. Ce sont bien plus les inégalités de revenus qui expliquent pourquoi les surplus alimentaires de céréales, de sucre et d'oléagineux échappent aux plus pauvres tout en étant aisément écoulés sur des marchés plus solvables, ceux d'usines d'aliments du bétail, de fabricants d'éthanol et d'agrodiesel.

 

 

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L'autre paradoxe du système alimentaire mondial est que pour plus des deux tiers, les populations du Sud qui souffrent de la fin sont des paysans, dont la vocation est pourtant de nourrir le monde.

 

Sous-équipés, peu soutenus, ils ne parviennent pas à résister à la concurrence des produits alimentaires importés des pays du Nord ou du Sud (Brésil, Argentine, etc.), ou prédominent une agriculture industrielle. Quant au dernier tiers des affamés, il s'agit principalement d'anciens agriculteurs ne trouvant pas à s'employer en ville.

 

Dans deux sacs de riz qui s'échangent aux mêmes prix sur le marché international, il y a 200 fois plus de travail dans celui produit par une paysanne repiquant à la main et récoltant à la faucille que dans celui de l'exploitant équipé d'un tracteur et d'une moissoneuse-batteuse.

 

Comment, sans protection des marchés, avec une rémunération de son travail 200 fois inférieure à celle de son compétiteur, la paysanne pourrait-elle dégager un pouvoir d'achat suffisant pour, à la fois, manger correctement, acquérir des biens de première nécessité, épargner et investir dans de nouveaux moyens de production ? Comment pourrait-elle éviter l'exode rural pour un sous-emploi urbain ?

 

 

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L'ENTREPRISE : COMMENT OPTIMISER SON DÉVELOPPEMENT ET SON CHIFFRE D'AFFAIRES ?     

 

De la discrimination au racisme... Ou comment affaiblir sont entreprise en fermant la porte aux forces vives ?

 

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Il existe deux types de patron : le "compétent" ! Et  l'"incompétent" ! 

 

L'incompétent(e) et fondamentalement un faible" qui doute de lui-même, et par extension des autres, et en particulier de l'"Autre".

 

Bien souvent, il ne supporte pas la contradiction et préfère la compagnie des "petits chefs" qui tendent, par leur manquent de savoir ou leur soumission, à ne pas le fragiliser d'avantage  en le plaçant face à ses doutes...

 

Le patron compétent est un grand chef : une femme ou un homme qui ne craint pas la contradiction, lorsque celle-ci stimule son propre savoir, et qui a compris que le développement d'une entreprise (et par extension, de la Nation) repose sur son degré de génie.

 

Autrement dit, pour qu'une entreprise se développe et optimise ses bénéfices, il lui faut répondre à un seul et unique mot d'ordre : "favoriser l'entrée du savoir et du génie dans l'entreprise et optimiser leur symbiose".

 

Et pour répondre à cet impératif, une entreprise ne peut souffrir la discrimination : il faut faire signer le plus grand nombre de candidats de talent, "les meilleurs", sans jamais se soucier des facteurs qui ne sont en aucun cas un frein au développement des compétences, du savoir et du génie de l'entreprise. Par conséquent, les facteurs tels que : 

 

- les origines ethniques, culturelles ou sociales,
 
- le sexe ou l'orientation sexuelle (lois en vigueur),
 
- l'apparence (sauf exception),
 
- ou l'âge (sauf exception) des candidats au postes à pourvoir, 

 

ne doivent en rien orienter le choix d'une candidature. Seuls les postulants ayant un comportement ou une idéologie de nature à générer des troubles (violence, intolérance, mise en danger de soi-même ou d'autrui,...) dans l'entreprise peuvent être perçus comme des éléments inadapté aux capacités d'une entreprise traditionnelle (et orientés vers le secteur de l'insertion).

 

 

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Shubham Banerjee, à l'âge de 12 ans, a développé une imprimante Braille à partir de ses boites de Légo EV3 Mindstorms.

 

 

 

Rappelons que Bill Gates (William Henry Gates) a crée Micro-Soft (devenue Microsoft), avec son ami Paul Allen, à l'âge de 20 ans, et que Steve Jobs (avec Steven Wozniak et Ronald Wayne) a crée Apple à 21 ans.

 

Quant à l'entreprise Google, celle-ci a été créée en 1998 par Lawrence Edward Page (dit Larry Page), 25 ans, et Sergeï Brine, né la même année que Larry, en 1973.

 

 

Du génie

Le génie repose sur une capacité de compréhension, de réflexion et de transcendance.

 

Celui-ci n'a qu'un rapport partiel avec  l'âge et ne fait que se nourrir, avec vivacité, de l'expérience professionnelle acquise, contrairement au savoir qui en est quasi-exclusivement la résultante.

 

En résumé, les années d'expérience et l'âge du candidat ne sont en rien une fin en soi ou un gage de capacité, dans la mesure ou l'expérience est bien peu de chose en l'absence de réflexion.

 

Et dans un bon nombre de cas, le génie supplante le savoir professionnel. Une entreprise à donc tout intérêt à souvrir aux jeunes, comme aux plus âgés... : "la symbiose entre l'expérience qui se construit avec le temps et le génie qui se nourrit de ce dernier tout en le transcendant, peut produire une immense richesse entrepreneuriale ; à la condition toutefois : que chacun accepte de se remettre perpétuellement  en question".

 

En outre, favoriser l'émergence du génie dans l'entreprise (notamment) en donnant les postes à responsabilités et les projets en développement aux meilleurs éléments (sans discrimination ou népotisme), ne tend  pas seulement à augmenter le volume du savoir de l'entreprise, cela optimise aussi sa transmission, en incitant les éléments les moins performants à se remettre perpétuellement en cause. "Ainsi, les meilleurs ne sont pas les ennemis des moins compétent, mais leurs locomotives".

 

 

 

 

La plus haute intelligence d'un chef d'entreprise consiste à être capable d'identifier les meilleurs talents et d'optimiser leurs compétences.

(Vlasios Maximus, CRNB)

 

Soyez vigilant(e) : ne demandez jamais à un "petit chef" de porter un jugement critique fiable : la jalousie et l'intolérance obscurcissent le jugement !

(Vlasios Maximus, CRNB)

 

 

En l'absence de réflexion, l'expérience est un mot vide de sens.

(Vlasios Maximus,CRNB)

 

 

 

 

"La vertu ne s'enseigne pas, non plus que le génie." -Arthur ShopenhauerIMG_87505363310408.jpeg

 

 

II) Donner de la puissance à ses salariés

Un autre facteur de développement tend à intensifier la rentabilité d'une entreprise. Celui-ci repose sur la "Puissance" accordée aux salarié(e)s. Cette Puissance peut être financière (salaire valorisant, primes,...), hiérarchique (responsabilités, perspectives professionnelles au sein d'une entreprise en forte croissance,...), ou libérale (souplesses horaires, travail à domicile possible, autonomie,...) : "plus un salarié "responsable" jouit d'un sentiment de liberté, plus il aura tendance à s'investir dans son travail".

 

C'est bel et bien le manque de considération et le sentiment d'une "forte contrainte", qui frustrent les salariés, incitent au renoncement et accentuent les conflits dans l'entreprise.

 

Il est donc dans l'intérêt d'un patron de permettre à ses "collaborateurs" de cumuler le plus grand nombre de facteurs de Puissance, afin d'inciter chacun d'entre eux à se transcender, et ainsi, à augmenter les bénéfices de l'entreprise...

 

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Discrimination : en conclusion !

Vous êtes trop noir, vous êtes trop blanc, vous êtes trop jeune, vous êtes trop typé, vous êtes trop âgé, vous êtes trop petit, trop maigre ou trop gros... Vous n'avez pas le bon nom, vous n'habitez pas le bon quartier ou vous n'avez pas le bon sexe... Vous êtes sur ou sous-diplômé...  Une abération  !

 

Et pour quel résultat ? : une fuite de talents à l'étranger, la reconversion ou l'acceptation d'un sous-emploi... ; et des entreprises incapables de réaliser suffisament de produits innovants et d'optimiser leurs bénéfices, face à la concurrence d'entreprises (étrangères) qui, elles, ne ménagent pas leurs efforts pour recruter et promouvoir  les meilleurs talents.

 

La bonne question n'est donc pas : "quelle est la couleur de votre cravate ?"  Mais plutôt : qu'est-ce que vous pouvez apporter à notre entreprise ?...

 

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Stephen Hawking, 73 ans, physicien théoricien et cosmologiste britannique de renommé mondiale ; paralysé : il souffre d'une dystrophie neuromusculaire.

 

 

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CHARLES FOURIER... 

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Charles Fourier (1772-1837)

 

Philosophe francais ; fondateur du phalenstère : une sorte d'exploitation agricole avec des bâtisses pour le logement et l'amusement pouvant accueillir plusieurs centaines de familles.

 

 

"Les progrès sociaux s'opèrent en raison des progrès des femmes vers la liberté, et les décadences d'ordre social en raison du décroissement de la liberté des femmes.

Charles Fourrier

 

 

 

 

MR GODIN OU L'HISTOIRE D'UN "GRAND" PATRON... 

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Jean-Baptiste-André Godin (1817-1888). Son père, artisan serrurier, le forma au travail des métaux (forge). En 1835, il quitte sa région natale et rejoint son oncle serrurier à Condé, puis le fils de ce dernier à Bordeaux, avant de commencer son tour de France (compagnon) à l'âge de 17 ans.

 

 

Il créa son entreprise à  30 ans (en 1837). Son domaine : la fabrication de poêles.

 

■ Disciple de Charles Fourier ; fondateur de la Société du Familistère de Guise. Nombre d'ouvriers dans son usine (en moyennne) : 1500.

 

■ Sensible à l'idée de la redistribution des richesses industrielles aux ouvriers, il souhaite créer une alternative à la société industrielle en plein développement à son époque, et offrir aux ouvriers le confort dont seul les bourgeois pouvaient alors bénéficier.

 

À partir de 1859, il entreprend de créer un univers autour de son usine de Guise, le familistère : (il fait construire pour ses ouvriers) des logements modernes (le Palais social), des lavoirs, des magasins, une école (obligatoire), ainsi qu'un théatre, une piscine et une bibliothèque pour les loisirs... Il partage les bénéfices avec ses ouvriers.  

 

[Source Wikipédia]

 

 

À la fin de sa vie, il légua l'entreprise et le familistère à ses ouvriers (employés).

 

 

GODIN... L'INVENTEUR DU POÊLE EN FONTE

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GODIN ET LE FAMILISTÈRE DE GUISE

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Le Palais social

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Statue de Jean-Baptiste-André Godin

 

 

"Certains Hommes se contentent de traverser l'Histoire, puis disparaissent... D'autres, par leur talent et leur grandeur, y laissent une empreinte indélébile, et ainsi, entrent dans l'Histoire."

 

 

 

 

REPÈRES HISTORIQUE 

●Vers -8000. Tout commence au Néolithiques. Bêcher le sol, semer, moisonner : après trois millions d'années passées à vivre de chasse et de pêche, l'humanité découvre les pénibles travaux des champs. Dès le néolithique, la division des tâches assigne les femmes à de lourds travaux y compris aux champs, mais jamais très loin du foyer.

 

●Dans l'Antiquité : esclaves, femmes et hommes libres se partageaient le travail.

 

→Le contrat de travail signé entre l'employeur et le salarié et plaçant les deux parties sur un pied d'égalité n'apparaît réellement en Europe qu'à la fin du XIXe siècle. Jusque-là, et dans les autres régions du monde, la contrainte à été le plus souvent la règle. Néamoins, le travailleurs contraint se distingue de l'esclave par son statut juridique. Considéré comme une marchandise, l'esclave de l'antiquité ou des colonies d'Amérique n'a aucun droit et il ne peut sortir de sa condition que par un acte unilatéral, de son propriétaire (affranchissement) ou de l'État (abolition). La notion de contrainte s'applique à la circulation des travailleurs, aux modalités et au temps de travail, aux obligations liées à l'utilisation de machines jusqu'aux multiples formes de l'asservissement. [Alessandro Stanziani, chercheur au CNRS]

 

●Au Moyen Âge, lié à la chute originelle, le travail est dépeint comme une malédiction. Mais il présente également pour la première fois une face créative, qui permet aux Hommes de se rapprocher de Dieux.

 

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●XIXe siècle : la  révolution industrielle. Travail à l'usine, développement des machine, croissance industrielle : ce sont les grands traits qu'on retient généralement de la révolution industrielle. Autant d'idées recues qu'il convient de nuancer : l'idée qu'il existe une rupture brutale a été mise en question depuis longtemps. "Une révolution industrieuse" aurait saisi l'Europe bien avant les premières machines : l'augmentation de l'offre de travail salariée au sein des familles occidentale -hommes, femmes et enfants- aurait permis l'accroissement des productions sans changement de méthode de production ni innovation technologique majeur. Cette longue acculturation au travail aurait entraîné la hausse progressive des temps de travail qui atteignent vraisemblablement leur niveau maximal vers 1850.

 

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FRANCE : 250 ANS DE LOIS DU TRAVAIL

1240-1255 : premières grèves ouvrières attestées dans le nord de la France (Évreux, Pontoise, Senlis) et dans certaines villes flamandes.

 

1280-1305 : mouvements dans toutes l'Europe autour de la limitation de la durée du travail, bris de machines.

 

1382 : révoltes antifiscales en France. À Paris, armés de leur maillets, les révoltés tuent des collecteurs d'impôts. Les meneurs sont décapités ou pendus sans procès.

 

1539 : "Grand tric" à Lyon : les ouvriers typographes cessent le travail durant quatre mois pour protester contre leurs salaires trop bas et obtiennent gain de cause.

 

1749 : lettres patentes contre les coalitions ouvriêres, création d'un billet de congé pour controler la mobilité des ouvriers.

 

1750 : les ouvriers tondeurs sedanais se mettent en "cloque", c'est-à-dire en grève générale, contre les reculs de leur conditions de travail.

 

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1786 : à Lyon, " la révolte des deux sous" oppose marchands et tisserands. Le roi interdit la hausse des prix et les organisations ouvrières.

 

1791 : d'Allarde et Le Chapelier suppriment les corporations et interdisent toutes les associations.

 

1803 : Livret de tavail obligatoire.

 

27-29 juillet 1830 : "Trois glorieuses" : à Paris, les ouvriers participent aux journées d'insurrection politique et sociale.

 

1841 : interdiction du travail des enfants de moins de 8 ans, 8 h pour les 10-12, 12 h pour les 12-16, pas de travail de nuit avant 13 ans. Première inspection du travail.

 

1848 : proclamation du droit au travail et création des ateliers nationaux. Abolition de l'esclavage.

 

Février-juin 1848 : Révolution de février. Les ouvriers se mobilisent contre la fermeture des Ateliers nationaux.

 

1864 : la grève est tolérée. Constitution de l'Association internationale des travailleurs.

 

18 mars-28 mai 1871 : Commune de Paris : insurrection fortement ouvrière dans les quartiers de l'Est parisien.

 

1874 : réglementation des conditions d'emploi des enfants.

 

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1884 : lois Waldeck-Rousseau : liberté syndicale.

 

Mai 1886 : massacre de Haymarket Square à Chicago. Trois ans plus tard, au congrès de Paris, la IIe Internationale propose de faire du 1er mai un jour de mobilisation internationale pour la journée des 8 heures.

 

1889 : 1er mai, "journée internationale des travailleurs".

 

1892 : interdiction du travail de nuit des femmes. Création du corps des inspecteurs du travail

 

1898 : loi sur l'indemnisation des accidents du travail.

 

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1906 : loi sur le repos hebdomadaire. Après le congrès d'Amiens, la CGT adopte une chartre adoptant la grève générale comme moyen d'action.  L'histoire du dimanche, jour de repos...

 

1910 : loi sur les "retraites paysannes et ouvrières" : cotisations obligatoires des salariés, âge de départ fixé à 65 ans.

 

1919 : journée de 8 h. Responsabilité patronale pour les maladies professionnelles.

 

1936 : des grèves conduisent aux accords de Matignon entre patronat et syndicats. Front populaire : hausse des salaires, 40 h de travail hebdomadaire, deux semaines de congés payés, conventions collectives.

 

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1940 -1944 : interdiction des syndicats par le gouvernement de Vichy.

 

1945 : création de la Sécurité sociale. Comités d'entreprise (entreprises de plus de 100 salariés).

 

1950 : Smig, droit de grève aux fonctionnaires.

 

1956 : trois semaines de congés payés.

 

1958 : assurance chômage.

 

1967 : travail interdit pour les moins de 16 ans.

 

1968 : négociation de Grenelle : augmentations salariales, section syndicales d'entreprise.

 

1970 : Smic et quatrième semaine de congés payés.

 

1981 : retraite à 60 ans.

 

1982 : 39 h hebdomadaire et cinquième semaine de congés payés. Loi Auroux sur les droits des travailleurs.

 

■ PREMIER SEPTENAT (1981-1988)) DU PRÉSIDENT FRANÇOIS MITTERRAND →Rapport Delors→Conseil de Millan (1985)→SIGNATURE DE L'ACTE UNIQUE EUROPÉEN (1986) →ENTRÉE EN VIGUEUR LE O1/07/1987 : libre circulation des marchandises, des services, des capitaux et des personnes.

 

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L'Acte unique

 

 

1992 : adoption par référendum du traité européen de Maastricht.

 

1993 : loi balladur sur les retraites.

 

1998 et 2000 : lois sur les 35 h de travail hebdomadaire.

 

2003 : loi Fillon sur les retraites.

 

2007 : remise en cause des 35 h.

 

2010 : l'âge de la retraite et repousé à 62 ans.

 

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MOTS CLÉS

Travail : de tripalium, instrument à trois pieux qui permettait d'attacher les cheveaux pour les ferrer ou les esclaves pour les punir. Le mot apparaît au XIIe siècle chez les poètes pour désigner un tourment ou une activité pénible. "Travail" acquiert un sens neutre d'activité d'activité productive au XVIe siècle. Au Moyen Âge on utilise opus, qui a donné "oeuvre", pour un usage neutre, ars pour insister sur l'habilité et labor pour se référer à l'effort ou à la condamnation biblique.

 

Corporation : le terme d'origine anglaise s'impose vers 1750 pour désigner le métier organisé qui, lui, apparaît vers le XIIe siècle. Les franchises, accordé par les édiles, offrent une grande autonomie financière et juridique aux organisations de métiers qui possèdent leur propre statut et hiérarchie. Mais ce modèle se met en place lentement tandis que d'autres se maintiennent : confréries, guildes...

 

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■ Malgré la légende des origines qui rattache le mouvement aux chantiers des cathédrales, l'existence du compagnonnage (apprenti, compagnon puis maître) est mal assurée avant le XVIe siècle.

 

Ouvrier : dès le XIIe siècle, le terme correspond à sa valeur moderne du travailleur louant des services manuels contre un salaire.

 

Patron : dérivé de pater, "patron" est l'opposé du "client" dans l'Antiquité. Le patron, c'est aussi celui qui commande à d'autres. Le terme s'applique au monde du travail à partir du XIXe siècle.

 

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QUE DIT LA BIBLE ?

Y-a-t-il une malédiction biblique du travail ? Au vague souvenir de  ce qui reste quand tout est oublié, semble le confirmer la punition divine qui condamne Adam et donc l'humanité à la peine du travail : "À la sueur de ton visage tu mangeras du pain" (Genèse, III, 17).

 

Mais qu'est-ce que le travail pour la Bible ?

 

Tout d'abord une oeuvre divine. Dans les deux premiers récits de création, en Genèse I et II, Dieu lui-même est au travail : il sépare et ordonne les éléments, pétrit l'Homme de la glaise, plante un jardin... Ces récits d'origine disent d'abord, sans menace, l'humanité ordonnée à la soumission de la terre, à son organisation et donc à sa culture fécondante. Et la faute d'Adam, pas plus que le meurtre d'Abel n'y changeront rien.

 

À la base de la sagesse et donc de l'intelligence, il y a le travailleur manuel par excellence : l'artisan. Et là il faut (re)lire un passage du Siracide ( appelé aussi l'Ecclésiastique, 38, 24-39,11) célébrant l'habilité des grands artisans sans lequel le monde serait inhabitable et les déplacement impossible... même si le sommet de l'intelligence reste à celui qui étudie et commente les écritures !

 

 

 

 

"L'essentiel du destin social des gens continue de se jouer sur le travail qui reste central dans leur vie." -Robert Castel

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Philosophes et économistes...
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Adam Smith : avec la richesse des nations (1776), l'économiste fonde le libéralisme économique. "Le travail fixe la valeur des choses ; il est facteur de production".

 

 

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Montesquieu (1689-1755), selon le philosophe, le travail est une richesse économique et morale que le capital ne peut pas remplacer. La pauvreté n'est donc pas une fatalité.

 

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David Ricardo (1772-1823), économiste : "Les briseurs de machine sont dans l'erreur et n'entendent rien à l'économie politique".

 

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John Maynard Keynes (1883-1946), économiste 

 

 

Résumé de la théorie de Keynes pour lutter contre le chômage : 

-Une politique de grands travaux qui consiste à créer de emplois par l'État ;

 

-une baisse des taux d'intérêts à long terme ;

 

-et une réinstauration de la confiance entre les ménages et les entreprises (politiques monétaires en baissant les taux d'intérêts, socialisations de l'investissement entre les entreprises, politiques de redistribution).

 

■ Accepter de faire du déficit public et de s'endetter (provisoirement).

 

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Karl Marx (1818-1883) : penseur essentiel du XIXe siècle, grand pourfendeur du capitalisme mais aussi héritier des Lumières, Marx oppose le travail qui aliène et celui qui libère l'Homme arrivé au-delà du besoin.


 




Article : CRNB/L'Histoire/Alternatives Économiques


03/06/2015
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