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Histoire de l'esclavage : toute la vérité...


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DE L'ESCLAVAGE ANTIQUE À L'ESCLAVAGE MODERNE 

 

Du latin médiéval sclavus, déformation de slavus ("slave") ; le mot esclave serait apparut au haut moyen âge à venise, où la plupart des esclaves négociés étaient des slaves des Balkans (une région de l'actuelle Croatie s'est longtemps appelée Esclavonie).

 

 

✔Une institution universelle dans l'espace et le temps 

 

 

Il est déja fait mention de l'esclavage sur des tablettes sumériennes (IIIe millénaire avant J.-C.) ; et tout laisse à penser qu'il existait avant l'apparition de l'écriture. Très rares sont les sociétés qui ne l'ont pas pratiqué. Il n'a été aboli qu'aux XIXe et XXe siècle et malgré les décisions internationales, il n'est pas exclu qu'il existe encore dans certains pays, de manière camouflée.

 

D'un point de vue socio-historique, on peut considérer l'esclavage comme une forme élémentaire d'exploitation de l'Homme par l'Homme. La production et l'accroissement des richesses, donc le maintien et l'élévation du niveau de vie des couches supérieures de la société, ont reposé pendant des millénaires sur le travail forcé d'hommes et de femmes dont l'entretient était assuré au même titre que celui des bêtes de somme, auquel l'esclave était volontier assimilé. Á l'instar du bétail, l'esclave, valeur marchande, s'achetait et se vendait et même, dans certains cas limites, s'élevait.

 

La supression, puis l'interdiction de l'esclavage, représente sans doute une des étapes les plus importantes du progrès humain, cependant, à l'échelle de l'Histoire, c'est un évenement récent.

 

 

 

L'esclavage Antique :

 

L'esclavage antique (IVe millénaire avant notre ère au Ve siècle aprés J.-C.) a été pratiqué par les Sumériens, les Égyptiens, les Perses, les Grecs, les Romains... Peu de sociétés (voir aucune) de cette période ne l'ont pas pratiqué, sous différentes formes.

 

La pratique de l'esclavage est tellement conséquente à travers l'Histoire et les civilisations que beaucoup d'entre nous quelque soit nos origines, la couleur de notre peau ou notre religion, sont susceptibles d'avoir des ancêtres esclaves et/ou esclavagistes. De facto, s'efforcer de résumer l'esclavage à la traite négrière pratiquée par les Européens est une forme de trahison de l'Histoire de l'Humanité ; et le meilleur moyen de ne jamais panser les plaies du passé, et ainsi, d'entretenir des tensions (qui bien souvent prennent racine dans la victimisation et la dévalorisation de soi) entre certains groupes humains. Dans l'enseignement de l'Histoire, il faut toujours dire la vérité ou s'abstenir : "dilexit veritatem". Dites la vérité, toute la vérité, pour mettre un terme à la repentance qui, lorsqu'elle rencontre la souffrance, ne produit que de la haine...   (Vlasios Maximus, CRNB)

 

Générale dans l'Antiquité, la pratique de l'esclavage a évolué dans l'espace et le temps. Pour rester dans le champ de la civilisation gréco-romaine, deux formes d'esclavages ont coexisté, l'un étant un statut de demi-servitude concernant des catégories de la population des cités (ainsi en est-il des hilotes de sparte ou des esclaves pour dette de l'Athènes archaïque), l'autre étant le fait de captifs étrangers (fournis généralement par la guerre), totalement privés de liberté, vendus et traités comme des choses.

 

Moralistes et philosophe de l'antiquité n'ont pas contesté l'esclavage : Platon  (427-347 av. J-C.) l'estime nécessaire parce qu'il libère le citoyen d'un travail jugé dégradant, lui permettant de se consacrer  aux activités civiques. Aristote (384-322 av. J-C.) assimile l'esclave à un animal domestique et juge l'esclave économiquement indispensable. Sénèque ( 1er siècle après J.-C.) ne voit dans l'esclave qu'un "instrument qui parle". Contrairement à une idée reçu et même s'il apporte une espérance aux opprimés, le christianisme accepte l'esclavage : saint Paul, dans les Épitres, engage les esclaves à l'obéissance et les maîtres à la bienveillance. Les Pères du IVe siècle ne voient pas la nécessité d'une abolition et après le triomphe de l'Église, saint Augustin avance que l'esclavage est un châtiment envoyé par Dieu au pécheur. Ces arguments justifieront, aux Temps modernes, la résurgence de l'esclavage dans les colonies d'Amérique.

 

L'Islam n'interdit pas formellement l'esclavage, l'abolition relevant de la seule initiative personnelle du maître. Néamoins, des compagnons ont rapporté ces propos (du Prophète Muhammad "le Loué") : "Je serai l'adversaire de trois catégories de personnes le Jour du Jugement". Et parmis ces trois catégories, il cita celui qui asservit un homme libre, puis le vend et récolte cet argent.

 

Le Judaïsme accepte l'esclavage à l'aulne de certaines règles. Au cours de l'Histoire, des individus de toutes les croyances (chrétiens, juifs, musulmans, polythéistes, déistes, agnostiques, Athées,...) ont pratiqué l'esclavage.

 

 

 

L'esclavage moderne

 

Bien que, dans l'Occident chrétien, l'esclavage soit resté légitime au Moyen Âge (en France, des monastères possèdent des esclaves), c'est le servage qui se généralise au sein d'une économie rurale rétrécie, pauvre en Homme, et tendant à l'autarcie locale. Le servage recule d'ailleurs, à partir de l'an mille, et disparait progressivement avec l'évolution de la féodalité, quand les échanges se développent et que la population augmente. En revanche, il se maintient  -et même, parfois, s'institue-  en Europe orientale et en Russie, où les conditions économiques du haut Moyen Áge occidental se perpétuent. Mais ce développement du travail libre est compenser par la réaparition de l'esclavage outre-mer, aprés les Grandes Découvertes et les entreprises de colonisations massives de l'Amérique tropicale au XVIe siècle. Les Amérindiens en sont les premières victimes et, paradoxalement, c'est pour les défendre  que l'évêque Bartolomé de Las Casas (1474-1566) suggère de les remplacer par les Noirs africains transportés au Nouveau Monde.

 

La traite négrière s'organise dès le XVIe siècle, d'abord monopole que l'État afferme en Espagne et au Portugal ; puis, aux XVIIe et XVIIIe siècles, activité fructueuse des ports Européens de la façade atlantique (Bordeaux, Nantes, Bristol, Amsterdam...). C'est le temps du "commerce triangulaire" :

 

les navires quittent l'Europe chargés d'outils, d'armes, de tissus bon marché qu' il négocient dans les comptoires des côtes occidentales d'Afrique contre des captifs. Ceux-ci sont procurés par des chefs Africains locaux, qui vont les razzier dans les régions voisines quand ils ne vendent pas leurs propres sujets. En trois siècles et demi, plusieurs millions d'africains seront ainsi déportés dans des conditions affreuses, à bord de navires exigus qui mettent des semaines â traverser l'atlantique. Mis en vente dans les colonies espagnoles, portugaises, française et anglaises d'Amérique, il offrent la main-d'oeuvre qui permet le développement des l'économie de plantation.

 

Il faut noter qu'en désorganisant les sociétés et en dépeuplant les zones côtières, la traite sera largement responsable du retard de développement de l'Afrique noire.

 

D'autant que tout aussi dévastatrice, la traite conduite par le monde arabo-musulman, ravage depuis le haut Moyen Âge, la façade orientale de l'Afrique, celle de l'ocèan Indien. Quant à la traite intra-africaine pratiquée depuis la même période, voire avant, elle ne peut évidemment être passer sous silence sans engendrer une trahison de l'Histoire, car elle fut bel et bien une réalité et non une légende. Et elle aussi sera dévastatrice pour l'Afrique subsaharienne.

 

 

 

La fin de l'esclavage 

 

Jusqu'au XVIIIe siècle, l'esclavage colonial ne trouble guère l'Occident. C'est le XVIIIe siècle des Lumières qui commence à exprimer des réserves. Montesquieux, Voltaire (dont les hommes d'affaires placent cependant l'argent dans les entreprises négrières) critique l'esclavage ; mais la conscience des nécessités économiques limitent les condamnations à des positions de principes et, tout en déplorant l'institution, on se borne surtout à demander l'abolition de la traite.

 

Seule, en Amérique du nord, la secte protestante dissidente des Quakers adopte une attitude résolument anti-esclavagiste. Le véritable tremblement de terre, ce fut la révolte des esclaves de Saint-Domingue. Le leader du soulèvement était un ancien esclave : Toussaint Louverture. Face à l'insurrection généralisée des esclaves, pour ne pas perdre leur colonie, les dirigeant jacobains décrétèrent en 1794 l'abolition de l'esclavage.

 

Une fois le danger écarté et le nouveau pouvoir stabilisé  dans la métropole. Napoléon s'empressa de décréter son rétablissement.

 

Finalement, c'est le développement de la révolution industrielle et le triomphe du capitalisme libérale qui vont avoir raison de l'esclavage en disqualifiant les formes anciennes de production. Esclavage et servage entretiennent l'illusion du travail gratuit ; or les économistes du XIXe siècle démontrent que le prix de la main-d'oeuvre servile est supérieur à celui de la main-d'oeuvre salariée, l'entrepreneur devant en ce cas assurer, quoi qu'il arrive et même s'il n'y a pas de travail, l'entretien de son personnel, alors que l'employeur de salariés n'y est pas astreint et peut les mettre en chômage. D'autre part, le progrés technique et le machinisme remplacent le travail humain, exigeant en conséquence, moins de bras. Le recours à l'esclavage est caduc au XIXe siècle.

 

En 1833, la Grande-Bretagne abolit l'esclavage colonial, suivit en 1848 par la France (sous l'action de Victor Shoelcher). Aux États-Unis, l'antagonisme croissant entre un Nord industriel et libéral et un Sud  attardé dans l'ancienne économie coloniale esclavagiste conduit à la sécession des États du Sud et à la guerre civile. La victoire en 1865 du Nord, où le président Lincoln avait dès 1863 fait de l'abolition l'un des buts de guerre, aboutit à la disparition de l'esclavage dans l'Union recontituée. Le Brésil sera le dernier pays à proclamer l'abolition, en 1888.

 

L'esclavage continue d'exister en Mauritanie, bien qu'il ait été aboli en 1981, son décret d'application n'ayant pas était voté. D'autre pays continuent de le pratiquer aujourd'hui, sous différentes formes, de manière plus ou moins dissimulées.

 

 

 

 

" Voulez-vous dire que les Blancs sont intellectuellement supérieurs aux Noirs et ont donc le droit de les réduire à l'esclavage ?
Cette règle fait de vous l'esclave du premier Homme donc l'intellect est supérieur au votre."
 
Abraham Lincoln

 

 

 

 

 

 

 

Article  CRNB



14/08/2014
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